Le véritable impact de la réforme des retraites

Publié le par DA Estérel 83

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La loi réformant les retraites de 2010 relève de deux ans l'âge légal de départ et l'âge du taux plein. Ces mesures permettront de réduire le déficit du régime général mais ne suffiront pas à rétablir l'équilibre des finances, selon une étude de l'Assurance vieillesse.

Manifestation contre la réforme des retraites, à Nantes, le 26 octobre 2010.
REUTERS/Stephane Mahe

La loi réformant le régime général des retraites, fortement contestée dans la rue pendant plus de deux mois à l'automne 2010, a finalement été adoptée par le Parlement. Cette réformerepousse de 60 à 62 ans l'âge légal de départ et de 65 à 67 ans l'âge d'attribution systématique d'une pension à taux plein. "Notre régime de retraite par répartition est sauvé", avait alors déclaré Nicolas Sarkozy en promulguant la loi. Selon le gouvernement, les mesures sur les bornes d'âge sont censées rapporter près de 19 milliards d'euros de recettes supplémentaires à l'horizon 2018. Une prévision un peu trop optimiste, selon une étude publiée mardi par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav).

L'âge effectif de la retraite relevé d'un peu plus d'un an

Le recul de l'âge de la retraite est perçu de façon positive par un Français sur deux, révèle un sondage publié mardi par l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact). Heureusement, car les effets du relèvement de l'âge légal de 60 à 62 ans seront "très rapides", estime la Cnav. A peine trois ans après l'entrée en vigueur de la réforme, soit en 2014, plus de la moitié des salariés devrait avoir repoussé leur départ à la retraite. Une proportion qui passerait à trois assurés sur quatre en 2020. Selon les estimations de la Cnav, l'âge moyen de départ à la retraite atteindrait 63 ans en 2020 et 64,1 ans en 2040, soit environ 1,2 an de plus que sans la réforme.

Hausse en trompe-l'oeil du niveau des pensions

Le recul de l'âge de départ en retraite permettra à certains salariés d'augmenter leurs droits à retraite. En effet, les assurés en activité vont acquérir des droits à la retraite supplémentaires, avec davantage de durée validée et de nouveaux salaires, généralement plus élevés en fin de carrière. En moyenne, les pensions versées par le régime général seront ainsi supérieures en 2030 de 2% à 2,5% à ce qu'elles auraient été sans la réforme, estime la Cnav. Ce pourcentage masque néanmoins de fortes disparités. En effet, si près de 35 % des salariés recevront une pension plus élevée de 6% en moyenne, 18% auront une pension plus faible d'environ 5%. En outre, près de la moitié des assurés verront leur montant de pension inchangé avec la réforme.

Un déficit de 10 milliards d'euros restera à combler en 2020

Le relèvement des bornes va se traduire pour la Cnav par des économies sur la masse des prestations versées. Ces économies devraient atteindre 6 milliards d'euro en 2018, puis 7 milliards à partir de 2025. Par ailleurs, le maintien dans l'emploi des actifs devrait engendrer des recettes supplémentaires, via les cotisations sociales, pour la Cnav: environ 1,7 milliard d'euros en 2020 et près de 3 milliards en 2050. Au total, la réforme des retraites de 2010 se traduirait pour la Cnav par un gain de 8,3 milliards en 2020. Les mesures d'âge permettraient ainsi de diviser par deux le déficit à cet horizon. Subsisterait toutefois encore un déficit de 10 milliards d'euros.

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