Gilbert Collard, possible député FN, ex-avocat de gauche

Publié le par DA Estérel 83

Rue89

 

 

Sur les trois candidats FN qui ont une chance d’être élus dimanche prochain, un seul ne porte pas le nom de Le Pen (les deux autres étant Marine et Marion).

L’avocat Gilbert Collard, à la surprise générale, est arrivé en tête dans la deuxième circonscription du Gard, avec 34,57 % des suffrages. Il devance la socialiste Katy Guyot (32,87 %) et le député sortant UMP Etienne Mourrut (23,89 %). Une triangulaire se profile donc, sauf si Etienne Mourrut décide de se retirer de la course.


Pierrette Le Pen dans Playboy en 1987 

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Gilbert Collard est un visage connu : il n’a jamais fui les sunlights – c’est une litote. Ce n’est qu’en mai 2011, à l’âge de 63 ans, qu’il s’est déclaré « mariniste ». Trois mois plus tard, il présidait le comité de soutien de Marine Le Pen pour 2012.

Il connait la famille depuis longtemps pour avoir défendu la mère de Marine, Pierrette, au moment du divorce avec son père, Jean-Marie. C’est à lui que l’on doit (si l’on peut dire) en 1987, le « coup » de Pierrette nue, en soubrette, dans Playboy.

Son père était Camelot du roi. Mais idéologiquement, pourtant, Collard vient d’horizons plus républicains : le combat contre la peine de mort, le parti socialiste (il était rocardien), le MRAP, le Comité national pour la défense des travailleurs immigrés, le parti radical, le nouveau centre...

Avec l’INA, voici quatre de ses apparitions publiques.

1

Défenseur des harcelées

 

Le 3 octobre 1985, on découvre un fringuant maître Gilbert Collard en défenseur – très mesuré – des femmes harcelées au travail.

2

L’affaire du cimetière juif de Carpentras

 

Le 21 septembre 1995, Gilbert Collard défend Magdeleine Germon : la tombe du mari de sa cliente a été profanée dans le cimetière juif de Carpentras. L’acte est d’abord attribué à des militants d’extrême droite (et exploitée contre le FN), puis, à tort, à des jeunes gens de bonne famille adeptes d’orgies macabres.

L’avocat dénonce :

« Ou on est en présence d’un mensonge involontaire d’Etat qui a consisté à faire croire que la profanation était un fait politique, raciste... Ou on est en présence d’un mensonge volontaire d’Etat, ce qui est encore plus grave... »

On découvrira plus tard qu’il s’agissait bien de skinheads néonazis, mais sans lien avec le FN.

3

Plaidoyer contre le FN

 

Le 11 juin 1998, il défend la famille du jeune Ibrahim Ali, abattu en pleine campagne électorale à Marseille le 21 février 1995, à l’âge de 17 ans, par des colleurs d’affiches du FN.

Si – contrairement à son habitude – il ne s’exprime pas dans ce sujet du 20 heures de France 2, il est, comme par hasard, aux côtés des amis de la victime quand ils témoignent devant la caméra.

A l’énoncé du verdict, le 22 juin 1998, l’ami de Marine Le Pen, se réjouit :

« Ce qui est satisfaisant, c’est que Bruno Mégret a pris le risque de défendre à la barre ses colleurs d’affiches et que le jury populaire, le jury de la France, a condamné les accusés et de ce fait même condamné les déclarations de Bruno Mégret. » 

4

Franc-maçon, chrétien et libertaire

 

Le 13 mai 2000, Gilbert Collard et sa mèche folle se montre chez Ardisson, badinant avec le trotskyste Alain Krivine et l’acteur Kad Merad. Sur le plateau de « Tout le monde en parle », le franc-maçon-chrétien-libertaire y fusille les Guignols de l’info et leurs « règlements de compte au coin des rues fascistes ». Il évoque son père, ses lectures d’enfance (Charles Maurras, Léon Daudet...) son basculement dans la franc-maçonnerie :

« Je suis entré à l’âge de 8 ans chez les pères maristes [...] Quand j’ai eu 18 ou 19 ans, j’ai renié tout ça. J’ai les cheveux long parce que tous les vendredi, on avait les cheveux coupés à la tondeuse électrique »

Il se déclare « chrétien et profondément libertaire ».

Publié dans Elections

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