General Motors, fossoyeur de Saab ?

Publié le par DA Estérel 83

LaitDbeu

 

 

Saab réclame trois milliards à General Motors pour avoir provoqué sa faillite. Notre blogueuse associée Lait d'Beu revient sur le conflit et sur d'autres ratés de l'industrie automobile.


(Une Cadillac miniature - RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA)
(Une Cadillac miniature - RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA)

Un article d’Alain-Gabriel Verdevoye m’apprend que Saab réclame trois milliards à General Motors (GM) pour l’avoir tué : « Le constructeur automobile néerlandais de voitures de sport Spyker et son ancienne filiale Saab ont porté plainte aux Etats-Unis contre le groupe américain à qui ils reprochent d’avoir provoqué - intentionnellement - sa faillite ». 

Notamment par des actions illégales entreprises pour entraver la concurrence de Saab sur le marché chinois. General Motors s’étant opposé à un transfert de brevets lors d’une transaction entre Saab et l’investisseur chinois Yougman « qui aurait permis à Saab de se restructurer et rester solvable ». Outre une tentative de levée de fonds en Chine, contrecarrée par GM, il est par ailleurs reproché au constructeur de Détroit - qui a repris Saab à partir de 1990, d’abord la moitié du capital puis la totalité de n’avoir pas suffisamment investi et notamment d’avoir doté le constructeur suédois « de médiocres plates-formes et moteurs diesel d'origine Opel, la branche allemande de l'américain » qui auraient considérablement nui au développement de son activité. 

 

 

Les 3 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) réclamés à GM correspondraient à la valeur de Saab si la transaction avec Yougman avait été menée à son terme… Je ne saurais dire si la justice américaine donnera raison à Saab et quoi qu’il en soit la procédure sera longue avec moult rebondissements, appels, etc. Si Dieu me prête vie aussi longtemps, peut-être écrirai-je dans dix ans un article rendant compte du résultat final. 

 

Voilà néanmoins de quoi donner des idées à toutes les sociétés - françaises ou autres - reprises par des requins qui les ont dépecées à pleines dents avant de les laisser tomber. Les exemples sont trop nombreux pour en dresser la liste exhaustive. 

 

In fine, Alain-Gabriel Verdevoye rappelle opportunément que General Motors « a été incapable de gérer ses alliances avec les japonais Isuzu, Suzuki, Subaru alors que son divorce avec l'italien Fiat au milieu des années 2000 lui a même coûté 1,5 milliard d'euros » en conséquence de quoi, il souhaite « bon courage à PSA qui a noué en février dernier une alliance avec GM, lequel a pris 7% du capital ! ». 

 


SPLENDEUR ET MISÈRE DES FAMILLES INDUSTRIELLES RECOMPOSÉES

Nous aurions donc affaire à deux « incapables majeurs » - GM et Philippe Varin, directeur général de PSA - pratiquant une stratégie d'alliances erratiques à la petite semaine, sans vision d’ensemble. Si nous étions dans le domaine du droit privé, ils seraient placés sous la tutelle d’un juge ! 

 

Très certainement risible si ce n’était aussi grave pour l’industrie automobile et les quelques 10.000 personnes qui vont être jetées à la rue en France. Risible par ce que depuis plus de vingt ans on nous gonfle avec une prétendue « gouvernance d’entreprises ». Or, il ne fait point de doute qu’ils ont oublié que depuis Machiavel nous savons que « gouverner c’est prévoir » ce qui vaut autant dans le domaine des affaires. 

 

La famille Peugeot peut s’indigner des polémiques et des critiques, il n’empêche qu’une partie d’entre eux mettent directement Philippe Varin qui avait été porté à la direction de Peugeot précisément pour nouer des alliances stratégiques. Lesquelles lui ont pété à la g…les unes après les autres. 

 

« Splendeurs et misère (non) des courtisanes » mais des familles industrielles recomposées. Cela faisait un sérieux bout de temps que le nom de Varin m’évoquait tout autre chose. Bingo ! Vautrin chez Balzac ! L’aventurier manipulateur, échouant dans toutes ses entreprises. Qui devrait donc conduire aussi certainement à la mort - économique - de la famille Peugeot qu’à celle de Lucien de Rubempré. 

 

Alliance avortée avec BMW qui se tourna ensuite vers Toyota, laquelle société envisagerait de construire à Valenciennes des véhicules utilitaires pour sauver PSA. Sera-ce durable ? Autant qu’un mariage « à le petite semaine » dans « La Vie de bohème » de Murger. Lors même que La Tribune nous apprenait le 27 mars 2012, toujours sur la plume d’Alain-Gabriel Verdevoye que BMW et Toyota vont développer ensemble les batteries du futur en même temps que BMW discute avec le coréen Hyundai sur des moteurs communs. 

 

Philippe Varin cocu mais content ! Trois petits tours - de table - et puis s’en vont…Il ne faut pas être grand clerc pour subodorer que la famille Peugeot se fera zober dans les plus grandes largeurs. Miser sur un mauvais cheval ou se foutre du sort de milliers de salariés. Ne me demandez pas de pleurer sur le sort de ces multimillionnaires. Que leur sacro-saint fric les étouffe ! 


Publié dans Economie

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