UMP : l'échec de la stratégie Buisson ?

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2 Par Nicolas DOMENACH

 

 

Si la stratégie du conseiller de Nicolas Sarkozy a permis à Jean-François Copé ou Lionel Luca de conserver leurs sièges, elle n'a pas empêché la déroute de Claude Guéant, de Nadine Morano, ainsi que de nombreux députés de la droite populaire. Ce scrutin va relancer le débat «identitaire» à droite.


(Patrick Buisson - IBO/SIPA)
(Patrick Buisson - IBO/SIPA)
Ce sera « Le » débat à droite : l’ultradroitisation impulsée par  Patrick Buisson, le conseiller le plus influent de Nicolas Sarkozy et de …Jean François Copé a-t-il permis à la droite, et à l’ancien président de limiter la casse, ou au contraire l’a-t-elle favorisée ? Les résultats du second tour des législatives prêteront eux aussi à interprétations contradictoires, puisque certains élus parmi les plus droitiers, tels Eric Ciotti, Lionel Luca ou Philippe Meunier on été largement réélus, mais on constatera aussi, ou plutôt d’abord, que les députés de la droite dite populaire se sont pris une sévère ratatouille, de même que certaines « grosses légumes », qui comme Claude Guéant ou Nadine Morano avaient été le plus loin dans un partage des valeurs communes avec le FN. Idem avec le député sortant et sorti  de Loire Atlantique Philippe Boennec qui avait sollicité et obtenu le soutien de la candidate frontiste entre les deux tours. L’électorat centriste en a pris ombrage qui a fait largement gagner son adversaire socialiste ! 

Ce basculement d’une partie du centre à gauche se retrouve dans de nombreux cas où l’élu UMP avait fait la courte échelle sémantique ou pratique à l’extrême droite. Ainsi les députés comme Brigitte Barèges (Tarn et Garonne) ou Jean-Paul Garraud (Gironde) qui avaient été très loin dans la stratégie de la carpette ne s’en sont pas relevés. De même que d’autres élus de la droite populaire comme Jacqueline Irles (Pyrénées), Richard Mallie (Bouches du Rhône) Daniel Mach ( Pyrénées Orientales), Remiller Jacques (Isère) qui ne se sont pas sauvés en dépit de leur droitisation. Sans parler de Christian Vanneste (Nord) membre lui aussi de ce courant qui lui s’est fait expulser dès le premier tour par un jeune UMP, Gérald Darmanin, beaucoup moins caricatural et plus modéré, qui lui l’a emporté au second tour contre un socialiste. On comprend mieux pourquoi Thierry Mariani, principal animateur de cette « droite populaire » a préféré quitter le Vaucluse et se présenter auprès des Français de l’étranger (Russie, Iran, Océanie, Asie etc…) ! 

Notons enfin les défaites sans appel de ceux qui chacun et chacune à leur manière avaient aussi mis en pratique « la stratégie Buissonière ». A commencer par le jeune Guillaume Peltier qui en dépit de son abattage personnel n’a pu éviter de se faire étriller en une terre modérée (l’Indre et Loire). Mais les défaites de Claude Guéant, qui avait été félicité par Marine Le Pen pour son apport ministériel aux thèses frontistes et de Nadine Morano qui avait dragué sans vergogne les électeurs frontistes en se vautrant allègrement dans les « valeurs communes », tous ces échecs serviront non pas seulement de sujets de réflexion à l’UMP, mais de bases d’affrontement. Car de l’autre côté, l’ont emporté des personnalités comme Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko Morizet qui avaient été mis sur la liste noire par le FN ! Se coucher ou résister, il faudra choisir… 
  

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