Décriés par les républicains, les "fact-checkers" redoublent d'efforts sur Paul Ryan

Publié le par DA Estérel 83

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"Nous ne laisserons pas notre campagne être dictée par des fact-checkers", a affirmé un conseiller de Mitt Romney. La presse ne semble pas l'avoir écouté.

 

Le discours du colistier de Mitt Romney était très attendu. Et malgré la déclaration de Neil Newhouse, membre de la campagne de Romney – "Nous ne laisserons pas notre campagne être dictée par des fact-checkers" –  la plupart des sites de journaux d'information avaient déjà dégainé leur "fact-checking" ("vérification des faits") dès sa fin. BloombergSlate, le New York Times, le Washington Post, le New York Daily Mag, Talking Points MemoThe New Republic, SalonFox News et Politifact ont repris et vérifié les propos de M. Ryan. Un poil désabusé, le site PBump reconnaît qu'"aucun électeur convaincu par Ryan ne lira ces articles, mais c'était un exercice marrant".


Les principaux mensonges et approximations :


- Le plan de relance d'Obama a provoqué la fermeture d'une usine de General Motors à Janesville (Wisconsin), où est né Paul Ryan. Beaucoup de ses amis du lycée ont été licenciés. L'usine a effectivement fermé, pointent les journaux, mais en 2008, avant que M. Obama ne soit investi. Une information que le républicain s'est bien gardé d'ajouter.Bloomberg rappelle également que M. Ryan a voté en faveur du plan de sauvetage de l'industrie automobile, défendu par l'administration démocrate.


- Le président Obama a accumulé plus de dettes que n'importe quel autre président avant lui. Si le niveau de la dette américaine atteint actuellement 70 % du PIB, c'est surtout en raison des déficits provoqués par les baisses d'impôtsmassives et les guerres menées par le prédecesseur de M. Obama, George W. Bush. Des mesures que Paul Ryan a, encore une fois, approuvées en tant qu'élu de la Chambre des représentants. "Consternant, fourbe et éhontément hypocrite",selon le Washington Post.


- Le président Obama veut amputer Medicare, le système public d'assurance-maladie pour les personnes âgées, au profit de sa propre réforme de l'assurance-maladie. LePatient Protection and Affordable Care Act (PDF), communément appelé Obamacare, rend l'assurance-maladie obligatoire pour tous les Américains. Il a été approuvé au terme d'un long processus judiciaire par la Cour suprême. Les républicains accusent M. Obama de restreindre les libertés individuelles et, comme M. Ryan l'a fait ce mercredi 29 août, de transférer plus de 700 milliards de dollars du Medicare pourfinancer ce nouveau programme. "Une obligation que nous avions envers nos parents et nos grands-parents est sacrifiée, afin de payer pour un programme dont nous ne voulons même pas", s'est-il écrié.

 

Le projet proposé par Paul Ryan en tant que président de la commission du budget de la Chambre prévoyait pourtant une réduction du programme Medicare de l'ordre de 900 milliards de dollars, ce qu'il a visiblement oublié. Quant aux coupes opérées par Obama, elles n'affectent pas directement les bénéficiaires, mais réduisent les paiements aux hôpitaux et les services similaires.

 

Les Etats-Unis ont perdu leur AAA à cause des dépenses de Barack Obama. En réalité, l'abaissement de la note des Etats-Unis à AA+ par l'agence de notation Standard and Poor's en août 2011 était avant tout dû au refus des républicains de rehausser le plafond de la dette. Et c'est Fox News qui le dit.

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