L'UMP tire à retardement sur les 35 heures

Publié le par DA Estérel 83

Figaro

 

 

La refiscalisation des heures supplémentaires lève l'interdit édicté par Sarkozy au nom de la paix sociale.

 

S'appuyant sur les travaux d'Hervé Novelli (à gauche), Jean-François Copé a inscrit la sortie des 35 heures il y a plus d'un an au programme de l'UMP.

Tout au long de la campagne présidentielle, la gauche en a fait ses choux gras: si les 35 heures sont aussi délétères pour l'économie et le moral français que la droite le prétend, pourquoi diable Nicolas Sarkozy ne les a-t-il pas abolies quand il en avait le pouvoir? La question est restée sans réponse jusqu'à aujourd'hui. La refiscalisation des heures supplémentaires, qui alourdit encore le coût du travail, a ouvert un créneau aux dirigeants de l'UMP. Ils peuvent désormais tirer à vue sur la RTT sans donner l'impression de se renier, malgré leurs responsabilités passées.

La proposition de loi déposée par l'ex-ministre de l'Industrie Christian Estrosifera l'unanimité ou presque au sein de son groupe. Sans avoir aucune chance d'être adoptée. Dommage, car depuis la défaite du 6 mai, plus personne à l'UMP ne défend le statu quo en matière de temps de travail. La sortie des 35 heures figurera d'ailleurs en bonne place dans les projets des principaux candidats à la présidence du parti, en novembre. François Fillon l'a préconisée dès son premier meeting. Jean-François Copé l'a inscrite il y a plus d'un an au programme de l'UMP, dans le cadre de la préparation des législatives de juin dernier.

Les occasions d'en finir ont été nombreuses

Le secrétaire général s'est appuyé sur les travaux de son adjoint Hervé Novelli. Le chef de file des libéraux de l'UMP a commencé sa croisade anti-35 heures en 2004 lorsque, député d'Indre-et-Loire, il a réclamé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur les conséquences des lois Aubry. Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, ne lui a accordé qu'une mission, espérant limiter ainsi la portée politique d'un rapport qui s'annonçait explosif. Novelli a réussi sa démonstration malgré les obstacles, tout en jetant les bases d'un dispositif qui allait inspirer en 2012 la proposition de «contrat compétitivité-emploi» du candidat Sarkozy. Mais que de temps perdu…

Les occasions d'en finir ont pourtant été nombreuses. En 2007, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, réclame le . Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, le remet à sa place, avec la bénédiction présidentielle. En 2008, François Fillon élabore une loi visant à contourner la question de la durée légale du travail, sans résultat. En 2011, comble de l'ironie, c'est le socialiste Manuel Valls qui rouvre le dossier en estimant nécessaire de «déverrouiller les 35 heures». «Les 35 heures n'existent plus», riposte Nicolas Sarkozy. Pour le président, il y va de la paix sociale. Les entreprises tiennent à leurs allégements de charges ; les salariés, à leurs heures supplémentaires défiscalisées. Qu'ils viennent de perdre.

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