Pour deux ans, François Hollande met la France en « redressement »

Publié le par DA Estérel 83

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En privé, François Hollande est un homme très drôle qui fait rire son auditoire. Ce dimanche soir, sur TF1, il était moins marrant, dans le rôle du monsieur météo venu annoncer des tomberaux de pluie :

  • la croissance s’est « effondrée depuis déjà quelques mois » (le budget devrait être calé sur 0,8% pour l’an prochain) ;
  • l’inversion du chômage n’est pas à attendre avant un an ;
  • la rigueur continuera : dans l’immédiat, elle se traduira par 10 milliards d’euros d’économies budgétaires, 10 milliards de prélèvements supplémentaires (sur les plus aisés), 10 milliards de prélèvement sur les grandes entreprises.
FRANÇOIS HOLLANDE DANS LE « 20 HEURES » DE TF1, 9 SEPTEMBRE 2012

Via TV Buzz Info

François Hollande s’est donné deux ans pour mettre en place son « agenda du redressement » sur les fronts de l’emploi, de la compétitivité, des finances publiques. Etrange, ce mot de « redressement » : il a deux sens, dont l’un ne promet rien de bon.

Consensus Medef-PS

En privé, François Hollande est connu pour être un homme de consensus. Il adore cela : rapprocher les positions, trouver les voies médianes. Ce dimanche soir sur TF1, il semble avoir cherché la synthèse entre centre gauche, centre droit, Medef et CFDT.

Pour ce qui est de l’emploi et de la compétitivité, le Président entend faciliter l’accès des PME au crédit, rendre le marché du travail « plus souple et plus protecteur » (la fameuse « flexécurité ») et modifier le financement de la protection sociale, afin que la part prise sur les salaires n’augmente pas.

Il a évité en revanche les sujets qui fâchent : les conflits sociaux actuels, le contrôle des licenciements, le traité européen qui divise tant la gauche.

Retour au centre gestionnaire

En privé, François Hollande n’est pas Robespierre. C’est un homme très modéré, très centriste. Pendant la campagne présidentielle, il avait réussi à gauchir un peu son image, notamment avec l’annonce d’une taxe de 75% sur les revenus dépassant 1 million, et par la désignation claire de son adversaire, « la Finance ».

Ce dimanche soir sur TF1, François Hollande a clarifié la situation : il ne cherchera pas coûte que coûte les financements pour mener une politique de gauche.

Le début de son quinquennat sera marqué par une politique gestionnaire classique. Le cap principal reste celui d’un déficit public à moins de 3%. On commence par le fameux « redressement », pendant deux ans, et on verra après.

Pas de taxe à 75% pour les revenus du capital

Et pour ce qui est de la taxe de 75% sur les revenus gagnés au-delà de 1 million d’euros par an, François a confirmé qu’elle s’appliquerait aux rémunérations du travail, mais pas aux rémunérations du capital. Ces derniers seront « pris en compte par l’impôt sur la fortune », a-t-il justifié, ce qui est un contresens : l’ISF ne porte pas sur les revenus, mais sur la richesse totale. La taxe de 75%, par ailleurs, ne durera que deux ans, a-t-il déclaré.

Les riches peuvent respirer : ce qui était l’emblème de sa campagne n’est qu’un gadget.

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