Au pied du mur

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

François Hollande l'avait promis, Cécile Duflot l'a fait: le blocage des prix des loyers, entré en vigueur hier, est la première grande mesure de ce quinquennat. Dans 38 agglomérations, principalement dans les plus grandes villes mais aussi dans de plus petites cités, partout en tout cas où les prix avaient flambé dans des proportions insensées - 50% en moyenne à la relocation par exemple à Paris ces dix dernières années ! - les propriétaires de logements privés sont désormais tenus, lors de relocation ou de renouvellement du bail, de respecter l'indice de référence des loyers (IRL) de l'INSEE adossé à l'inflation.

Si la mesure d'encadrement des loyers était attendue - elle faisait partie des propositions phare du candidat socialiste - c'est de façon non moins prévisible que son entrée en vigueur a été saluée hier par les critiques de l'opposition. L'UMP a redit son hostilité en parlant d'une «mesure contraire à une politique du logement». Déjà vent debout contre cet encadrement, les «petits propriétaires» qui juraient hier être décidés «à ne plus louer», voire à «tout vendre et à partir à l'étranger» ont trouvé un porte-drapeau assez improbable à leur «révolte» en la personne d'Henri Guaino.

L'ancien porte-plume de Nicolas Sarkozy a ironisé hier sur cette mesure en expliquant qu'on pouvait aussi «bloquer les prix de l'essence, interdire les licenciements, fermer les frontières, interdire les délocalisations, interdire les plans sociaux». Reste qu'en dehors de ces protestations de principe ou ces réactions convenues, cette mesure était indispensable. Alors que pour nombre de ménages - à commencer par les plus modestes - le logement représente souvent plus de 40% des dépenses mensuelles, il était inconcevable de laisser filer la spéculation. Inconcevable de ne rien faire surtout en cette période de crise où le revenu disponible est en baisse et où la situation de l'emploi est de plus en plus tendue.

Reste que si cet encadrement est nécessaire, il ne sera pas suffisant. Si les loyers ont autant flambé ces dernières années dans les grandes villes, ce n'est pas seulement du fait de méchants spéculateurs ou d'odieux marchands de sommeil, mais parce qu'il existe dans de nombreuses zones de notre pays un déséquilibre affolant entre l'offre et la demande. Le gouvernement a bien conscience que cette mesure d'encadrement n'est qu'un premier pas. Que c'est toute une politique de l'habitat qu'il va falloir bâtir. Les observatoires des loyers, ville par ville, qu'envisage de créer Cécile Duflot pour plafonner les loyers ne suffiront pas. L'annonce faite mardi par le Premier ministre de quintupler les amendes des communes cherchant à échapper au seuil de logements sociaux non plus.

Au pied du mur désormais, reste à Hollande à tenir sa promesse de construire 250.000 logements par an en France.

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