Jean-Vincent Placé «pas convaincu par le style» de Montebourg

Publié le par DA Estérel 83

Libération

 

Le sénateur EE-LV s'en est vivement pris au ministre du Redressement productif, qu'il invite à «faire attention à ne pas raconter n'importe quoi».

Jean-Vincent Placé à Paris le 5 janvier 2012.

Le président du groupe EE-LV au Sénat, Jean-Vincent Placé, a descendu en flèche jeudi l’action du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui l'«inquiète» et donne «l’impression qu’il est encore dans l’opposition, parfois».

«Je ne suis pas convaincu par le style de M. Montebourg. Quelque part il m’inquiète, parce qu’il fait la tournée des entreprises en disant : je vais résoudre les problèmes par la volonté et le verbe», a déclaré le sénateur écologiste sur BFMTV-RMC.

«Je ne veux pas jeter la pierre à telle ou telle façon de communiquer de tel ou tel ministre, mais dire aux industries françaises : restons entre nous, protégeons nous, cela ne va pas marcher», a poursuivi Jean-Vincent Placé, selon qui «les discours des responsables français commencent à avoir une porosité très forte avec ceux du FN sur les questions d’immigration, mais aussi sur la question d’une forme de protectionnisme national».

«Je salue les avancées» du plan automobile présenté par Arnaud Montebourg le 25 juillet. «Mais aller raconter qu’avec un plan comme ça on va résoudre les problèmes de l’automobile, il faut faire attention à ne pas raconter n’importe quoi», a-t-il poursuivi.

Jean-Vincent Placé a aussi contredit le ministre du Redressement productif quand il a déclaré mardi à l’Assemblée que le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) allait revoir l’attribution du marché de son centre d’appels, remporté par un prestataire implanté au Maroc.

«La réponse n’est pas de revenir là dessus, mais de revoir ce qui est possible ponctuellement sur ce sujet, et il faut changer le code des marchés», avec des «normes sociales et environnementales», a-t-il dit, ajoutant sur Arnaud Montebourg : «On a l’impression qu’il est encore dans l’opposition parfois».

Sur le gaz de schiste, «les réponses de Mme (Delphine) Batho (ministre de l’Ecologie) me vont très très bien, Jean-Marc Ayrault a été très clair, et c’est pour cela que je ne comprends pas que M. Montebourg dit qu’il veut rouvrir le débat, alors que Mme Batho dit qu’il est clos».

Jean-Vincent Placé a par ailleurs déclaré qu’il voterait «non» au traité européen que le Parlement français doit ratifier fin septembre après avis du Conseil constitutionnel.

«A l’heure à laquelle je parle, oui, je voterai non à ce traité», a déclaré le sénateur EE-LV sur BFMTV-RMC.

«Je ne peux pas dire qu’il y ait assez d’avancées politiques pour que ce traité soit autre chose que ce qu’il a été prévu par Merkel et Sarkozy, c’est-à-dire un traité extrêmement austère et excessivement rigoureux», a détaillé le sénateur écologiste, qui estime que cette position ne le met pas en marge de la majorité.

«Je ne crois pas qu’une majorité soit des gens qui lèvent le bras quand le président de la République dit quelque chose», a-t-il dit, ajoutant : «J’espère que le président de la République ne souhaite pas que sa majorité soit là à voter au canon toutes ses dispositions».

«Le pacte de croissance va dans le bon sens», a-t-il estimé, saluant une «nouvelle donne depuis que François Hollande est là».

Le Premier ministre avait promis la «concertation» aux parlementaires EE-LV en les recevant le 12 juillet, à commencer sur ce dossier sensible du «traité de stabilité, de coordination et de gouvernance».

Publié dans Gouvernement

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