Hollande évoque la Syrie pendant un hommage au soldat mort en Afghanistan

Publié le par DA Estérel 83

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François Hollande a interrompu samedi ses vacances au Fort de Brégançon, le temps de rendre un hommage solennel au 88e soldat français mort en Afghanistan et d'évoquer la Syrie, dans une réponse implicite à ceux qui lui reprochent son "attentisme" dans ce dossier.

De l'ex-Yougoslavie au Kosovo, de la Côte d'Ivoire à l'Afghanistan, le major Franck Bouzet a combattu "au nom des valeurs et des principes" de la France, a déclaré le chef de l'Etat devant le cercueil du sous-officier disposé au centre de la place d'armes du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces.

Accompagné du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, le chef de l'Etat et des armées s'exprimait devant les proches du major, sa femme et ses trois enfants de 15, 22 et 23 ans, 500 de ses compagnons d'armes et de nombreux anciens combattants.

Le major Bouzet a été tué mardi lors d'un violent accrochage en Kapisa, province de l'est de l'Afghanistan où d'incessants combats opposent les forces françaises et afghanes aux insurgés.

"Ce sous-officier de 45 ans rejoint désormais la longue et glorieuse cohorte de nos hommes tombés au champ d'honneur", a observé François Hollande, rendant hommage aussi à l'infirmier grièvement blessé en tentant de le secourir.

A ceux qui l'accusent d'"attentisme" sur la Syrie, le président a opposé l'action de la France, qui a déployé un hôpital de campagne en Jordanie, "au plus près de la frontière" syrienne. Il s'agit, a-t-il spécifié, de "venir en aide aux réfugiés mais aussi aux combattants qui font face à une répression menée par un régime qui n'est plus animé que par la seule peur de sa propre fin".

"Mission accomplie"

Le président a rappelé entre les lignes le blocage du Conseil de sécurité par deux de ses membres permanents, Russie et Chine: "En Afghanistan, comme dans d'autres régions du monde", les forces françaises agissent "à chaque fois sous le mandat des Nations unies".

Paris, a-t-il encore souligné, est engagé dans la "recherche obstinée d'une solution politique en Syrie".

Evoquant l'Afghanistan, François Hollande a réaffirmé que la mission des forces françaises était achevée. "Nous avions un but, un seul: permettre aux Afghans de prendre souverainement en charge leur propre destinée. Cette mission est aujourd'hui accomplie".

En conséquence, le président a confirmé le calendrier du retrait anticipé des forces françaises: "Au 31 août, dans moins de trois semaines, 650 soldats seront rentrés, ils seront 2.000 d'ici à la fin de l'année".

Les quelque 1.400 soldats français qui resteront au-delà de cette date auront pour principale mission de continuer "à former et à accompagner l'Armée nationale afghane pour assurer la souveraineté de ce pays", a-t-il rappelé.

Le retrait d'Afghanistan est plébiscité par 75% des Français qui repoussent en revanche majoritairement, à 61%, l'idée d'une intervention militaire française en Syrie, selon deux sondages Ifop publiés samedi.

Le cercueil du major Bouzet était arrivé sur la place d'armes du 7e BCA au son de la marche funèbre de Chopin, porté par huit chasseurs alpins vêtus de blanc. Sur quatre coussins de velours, avaient été disposés la croix de chevalier de la Légion d'honneur, décernée à titre posthume au sous-officier par le président, son képi, ses autres décorations et sa photo.

A l'issue de la cérémonie, le chef de l'Etat s'est attardé pendant trois quarts d'heure avec la famille, à huis clos, avant d'aller à la rencontre de 300 chasseurs alpins qui ont entonné un chant militaire a cappella, dans un dernier hommage à leur frère d'armes disparu.

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