« Sarkozy, il nous a bien oubliés »

Publié le par DA Estérel 83

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Le chef de l’Etat répond ce soir aux Français sur TF1. Invitées en 2010, Bernadette et Sophie se souviennent. 

 

Sa visite ? Cela fait bien longtemps qu’elle y a fait une croix dessus. Sophie Poux, éleveur de bovins, près de Moissac dans le Tarn- et-Garonne, a toutefois toujours un bout de foie gras du Sud-Ouest qui traîne dans le réfrigérateur. « Au cas où », sourit-elle, le président de la République prendrait la peine de faire un tour par son exploitation laitière.

 

L’agricultrice fait partie de la dizaine des “vrais gens” ayant participé le 25 janvier 2010 à l’émission Paroles de Français, sur le plateau de TF1, face à Nicolas Sarkozy.  Exercice du question-réponse auquel se prête une nouvelle fois le chef de l’Etat, ce soir. Sur le 

même principe d’invités représentatifs de la France, toutes couches sociales confondues.

 

Avant de se décider à rencontrer le chef de l’Etat, il a fallu à Sophie Poux une bonne journée de réflexion. Une fois sur le plateau, elle lui a fait part, sans retenue « et en essayant de ne pas bégayer, ce qui n’est pas évident », des difficultés rencontrées par sa profession. L’œil et l’oreille de Nicolas Sarkozy étaient attentifs. « Il m’a répondu et m’a dit qu’il viendrait voir mon exploitation. Je l’attends toujours, bien que je me doutais qu’il avait d’autres affaires bien plus urgentes que moi. »



Depuis son intervention, rien n’a vraiment changé dans la vie de l’agricultrice. Elle avoue même que la situation s’est dégradée. « Les prix augmentent, ceux des céréales pour nourrir les bêtes, de l’essence qui va dans le tracteur, et notre métier est déconsidéré. » Or, elle ne veut pas jeter la pierre à Nicolas Sarkozy : « Je ne tiens pas à faire de la politique. Je me dis que si François Mitterrand avait été à sa place, rien ne dit qu’il aurait fait mieux. »
Sur le même plateau, se trouvait aussi Bernadette Tessadri, Héraultaise, basée à Pignan, vendeuse dans une moyenne surface. En un an, sa vie a subi quelques changements. Un déplacement avant tout puisque cette mère de famille de trois enfants a suivi son mari, personnel civil de l’infanterie, muté à Draguignan. En revanche, sa situation sociale n’est pas au beau fixe. Sans emploi pour le moment, elle voit le revenu de son foyer amoindri, « mais surtout, c’est une véritable galère pour trouver un logement ici ».



Du chef de l’Etat, Bernadette n’a pas eu de nouvelles non plus. A l’époque, il devait appeler personnellement son patron afin qu’elle puisse effectuer des heures supplémentaires pour « gagner plus ». Tout laisse à croire que le Président a égaré, ou mangé, les dix chiffres du numéro de téléphone. « Il nous a bien oubliés », regrette l’ancienne Pignanaise. Elle l’a vérifié d’autant plus lorsqu’elle s’est fendue d’un récent courrier pour faire part au chef de l’Etat de ses difficultés à se loger. « Je lui ai dit qu’on s’était rencontré. J’ai reçu une lettre officielle m’invitant à contacter le préfet du Var. » Ce qu’elle a fait. Et là aussi, il semble qu’elle ait été zappée. Sa missive est restée lettre morte.


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Publié dans Société

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