Justice : une mobilisation massive soutenue par la police

Publié le par DA Estérel 83

 

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Des manifestations de magistrats ont eu lieu jeudi dans une quinzaine de villes en France. Greffiers, avocats mais aussi policiers y ont participé.

On annonçait une mobilisation sans précédent jeudi 10 février devant les tribunaux. Ce fut effectivement du « jamais vu », selon plusieurs participants. A Nantes, épicentre du mouvement, plus de 2.000 représentants des métiers de la justice -magistrats, avocats, greffiers, personnels pénitentiaires -ont défilé dans les rues de la ville aux cris de « Justice méprisée, démocratie en danger ». Des magistrats de tout le Grand Ouest étaient venus soutenir leurs collègues, mis en cause par le chef de l'Etat dans l'affaire Laetitia. Des manifestations ont également eu lieu dans une quinzaine de villes de province, notamment Lyon, Metz, Nancy ou Toulouse.

« Jamais autant de personnes »

A Paris, les marches du Palais de justice se sont vite révélées trop étroites pour accueillir tous les participants, obligés d'occuper une partie de la cour du bâtiment principal. « Il n'y a jamais eu autant de personnes sur ces marches », s'est félicité le vice-président du Tribunal de grande instance et membre du Syndicat de la magistrature (SM), Serge Portelli. Le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke était venu soutenir le mouvement, de même que son collègue Marc Trévidic. « A moins qu'il y ait un autisme complet du pouvoir, j'espère bien que ça aura un impact, qu'on essaiera de trouver une solution à long terme plutôt que de nous bombarder de textes de loi », a déclaré ce dernier. La Cour de cassation, réunie en Assemblée générale jeudi, a fait part de « sa très vive préoccupation » après les déclarations de Nicolas Sarkozy.

Outre les fonctionnaires de justice, les conseillers d'insertion et de probation ou encore les avocats, le principal syndicat des officiers de police, le SNOP, était également présent pour « défendre la chaîne pénale dans son ensemble ». Fait inhabituel, le syndicat des commissaires de polices (SCPN, majoritaire) a également fait entendre sa voix en regrettant que le président de la République ait « attaqué policiers et magistrats » et « commenté une affaire avant les conclusions des inspections » engagées à ce sujet.

Pour Mercier, les magistrats « ne sont pas laxistes »

Les services de la Chancellerie chargées de l'enquête sur le cas de Tony Meilhon doivent rendre leur rapport définitif la semaine prochaine. Le ministre de la Justice a promis de rencontrer les organisations syndicales à ce moment-là. Jeudi, Michel Mercier était à la maison d'arrêt d'Agen. S'il n'a pas voulu contredire le chef de l'Etat en répétant qu'il y avait bien eu des « dysfonctionnements », le garde des Sceaux a tout de même tenté de changer la tonalité du discours de l'exécutif : « Je veux que les magistrats soient considérés (...). Ils ne sont pas laxistes ». Invité jeudi soir sur le plateau de TF1, le président de la République était très attendu sur le sujet.

MARIE BELLAN
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