Retraites: la gauche prête à prendre le relais

Publié le par DA Estérel 83

Mediapart-copie-1  06 Novembre 2010 ParLénaïg Bredoux

 

Continuer, mais autrement: c'est en substance le message d'une grande partie des partis de gauche mobilisés samedi pour la huitième journée d'action contre les retraites organisée depuis la rentrée.

 

«Après la promulgation de la loi (a priori mi-novembre), les manifestations seront sans doute d'une autre nature, mais il faudra continuer à dire au président de la République qu'on ne prend pas des décisions de cette nature contre les Français», a déclaré depuis Lille la première secrétaire du Parti socialiste (PS), Martine Aubry, citée par l'AFP. «La page de cette réforme n'est pas tournée, elle continuera à être écrite», selon elle.

 

«Nous savons très bien qu'après huit manifestations, et l'entêtement de Nicolas Sarkozy, la mobilisation ne peut pas garder la même intensité, mais l'intensité de la détermination des Français dans le rejet de cette réforme est intacte», veut aussi croire David Assouline, sénateur socialiste de Paris, devant le bus du PS, installé sous une pluie battante devant le Cirque d'hiver à Paris. «Il y a le sentiment chez tout le monde que ce n'est pas fini. En terme de mobilisation, même sous d'autres formes, et sur le plan politique, le débat continue», selon lui.

 

Même constat pour Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste (PCF), requisitionné à Paris pour distribuer des tracts aux manifestants à deux pas de la place de la Bastille: «Je suis frappé de la persistance d'un haut niveau de mobilisation, de combativité, alors que tout le monde sait qu'on est dans une nouvelle phase de la bataille. Le gouvernement n'a pas du tout endigué la contestation, et on est maintenant face à un mouvement qui va perdurer, mais sous des formes qui ne sont pas évidentes à trouver.»

 

«Il y a un peu moins de monde dans la rue mais cela ne veut pas dire que Sarkozy a gagné», abonde Denis Baupin, élu Vert à la mairie de Paris. «On n'enterre pas des vivants, surtout quand ils sont aussi nombreux», avance de son côté Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), également présent sur le pavé parisien. «Ceux qui ont dit que c'était fini ont parlé trop vite, il y a encore du monde dans la rue, c'est loin d'être ridicule», selon lui.

 

Mais si Olivier Besancenot plaide pour une nouvelle journée d’action le jour de la promulgation de la réforme des retraites, et demeure persuadé que «tout reste encore ouvert», d’autres insistent désormais davantage sur ces “autres formes” de mobilisation, sans plus de précision, avec parfois l’élection présidentielle en ligne de mire.

 

David Assouline, pour le PS, s’en défend pourtant, jurant que la ligne n’est pas d’attendre 2012 «sans rien faire». Mais, explique-t-il, «les Français auront à s’exprimer dans les mois qui viennent. Il y aura des échéances politiques où une autre réforme sera débattue, et les Français arbitreront. Tout cela est devant nous.»

 

«Il y aura de toute façon un deuxième round en 2012. Tant que Sarkozy est là, on essaie de limiter les dégâts mais la question essentielle est de préparer une alternative, y compris sur les retraites», lâche Denis Baupin pour les Verts.

 

Un discours qui ne convainc qu’à moitié Pierre Laurent (PCF): «La question de l’alternative politique est posée dès aujourd’hui. L’échéance de 2012 est importante, mais le débat sur le contenu, c’est maintenant. On ne passera pas de la contestation sociale à la victoire contre Nicolas Sarkozy sans avoir le débat sur l’alternative. Parce que persiste un doute dans l’opinion sur la capacité de la gauche à faire autrement.»

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