Obama n'est pas seulement menacé de paralysie, mais aussi de destitution

Publié le par DA Estérel 83

Mediapart-copie-1 06 Novembre 2010 Par 

 

Maintenant que les républicains ont repris le contrôle d'une des deux chambres du Congrès des Etats-Unis, tout le monde se pose la question suivante : que va-t-il advenir de la présidence de Barack Obama ? La réponse la plus probable est : une certaine forme de paralysie et un transfert de l'énergie de la Maison Blanche sur les dossiers internationaux, où le président garde l'initiative. Mais il y a également une réponse complémentaire à la question des deux années à venir, qui tient en un seul mot : harcèlement.

 

 

Le leader des conservateurs au Sénat, Mitch McConnell, un petit élu acrimonieux, a d'ores et déjà annoncé que son job consistait à «empêcher Barack Obama de décrocher un second mandat en 2012». Non pas de légiférer, de proposer ou de réformer, mais de s'opposer. Les républicains ont déjà hérité du surnom «Parti du non !» depuis 2009, mais ils semblent vouloir pousser l'obstruction encore plus loin. Et ils en possèdent désormais les moyens. L'obtention de la majorité à la Chambre des représentants transfère la présidence de toutes les commissions, et des pouvoirs qui vont avec, en particulier celui de lancer des investigations et de mettre sur pied des commissions d'enquête.

 

 

C'est exactement ce qui était arrivé à Bill Clinton à partir de 1994, quand l'opposition avait monté contre la Maison Blanche une série d'enquêtes sur le bureau des voyages de l'exécutif, ou le suicide d'un collaborateur des Clinton, le tout culminant avec la fameuse instruction du procureur indépendant Kenneth Starr sur l'affaire Monica Lewinsky. Non seulement ces investigations sont purement partisanes, souvent entreprises sur des bases assez faibles dans l'espoir de révéler les petits secrets embarrassants de l'exécutif – les Américains ont un terme pour ce genre d'opérations : des «fishing expeditions», des «parties de pêche», où l'on part en mer sans savoir ce que l'on va ramener – mais elles sont la source d'un stress intense et d'une surcharge de travail pour les collaborateurs présidentiels.

 

 

Comme l'a expliqué à The Politico le juriste Mark Fabiani, qui s'est occupé de la défense de la Maison Blanche sous Bill Clinton, «le simple fait de répondre aux assignations, de rassembler et d'organiser tous les documents demandés, requiert un effort considérable, et un rapport forcément conflictuel avec le Congrès. Cela peut rapidement occuper une majorité du temps disponible des fonctionnaires de la Maison Blanche». C'est donc aussi une forme de paralysie qui s'installe, le staff présidentiel étant tellement occupé à répondre aux sollicitations des commissions, surtout qu'elles peuvent aboutir à des mises en examen individuelles, que le temps pour gérer le reste des affaires est limité.

 

 

La position habituelle de la Maison Blanche, à la fois sous Bill Clinton et George W. Bush, est de combattre pied à pied ces demandes de documents au nom du «privilège exécutif» – un bras de fer qui gaspille encore davantage de temps et d'énergies. Mais Obama risque d'être un peu gêné avec cette ligne de défense. Primo parce que les démocrates avaient dénoncé en leur temps le secret excessif de Bush face à quelque demande que ce soit d'éclaircissement de la branche législative. Secundo, parce qu'Obama a promis une gouvernance transparente. Les républicains auront sans nul doute à cœur de lui rappeler cet engagement.

 

 

Surtout, ce genre d'expédition peut rapidement prendre des directions problématiques. Personne n'a oublié que la procédure de destitution de Bill Clinton a démarré comme une enquête sur la régularité des investissements immobiliers des Clinton, à l'époque où ils vivaient dans l'Arkansas, et qui a dérivé à force d'acharnement. Avec des élus déterminés à abattre Obama, une demande, éventuellement légitime, pour des documents sur telle ou telle décision exécutive, peut rapidement se transformer en chasse au président. L'homme qui va chapeauter la commission d'investigation de la Chambre des représentants, l'ancien vendeur d'alarmes automobiles Darrell Issa, se répand dans tous les médias en annonçant que «l'administration Obama est la plus corrompue des temps modernes» et que «le président sera obligé de rendre des comptes comme jamais».

 

 

La chaîne de télévision conservatrice Fox News a d'ores et déjà proposéquatre enquêtes potentielles. Les sujets sont apparemment bénins (des Black Panthers qui auraient intimidé des électeurs à un bureau de vote, la tentative d'éviter une primaire problématique en offrant un poste gouvernemental à un démocrate récalcitrant...), mais, entre les mains d'un procureur à charge, ils peuvent faire boule de neige.

 

L'éditorialiste Jonathan Chait, du bimensuel de gauche The New Republic, se dit d'ailleurs convaincu que les républicains feront tout pour engager une procédure de destitution contre Obama : «Vous pensez que les républicains ne répéteront pas l'erreur qu'ils ont commise contre Clinton ? Au contraire, ils ne voient pas cet épisode comme une erreur de calcul, mais comme un souvenir glorieux. La tentative de destitution de Clinton était de la guérilla politique par d'autres moyens contre un président que les conservateurs estimaient illégitime. Et c'est ainsi qu'ils perçoivent aujourd'hui Obama.»

 

Les deux années qui viennent seront donc, au mieux, deux années d'inertie. Au pire, elles peuvent se transformer en spectacle d'un acharnement morbide visant à abattre un président par tous les moyens.

 

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V
<br /> je crois que les états américains qui sont actuellement pour les trois quart en cessation de paiement ne ferons rien qui puisse forcer le président à stopper la planche à billet de ronronner comme<br /> de si rien n'était ! Bien au contraire, c'est de l'emplois qu'ils cherchent et les réformes d'Obama vont dans ce sens.<br /> <br /> <br />
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