Petite moyenne, grande inquiétude

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010 Jacques Guyon 08/12/2010

 

 

C'est bien là l'enseignement majeur de cette enquête : alors que dans d'autres pays l'école réussit à réduire les inégalités issues du milieu socioculturel, la France y échoue.

 

Voilà encore un palmarès international qui va obliger le coq français à se cacher le bec sous l'aile. Selon le programme Pisa (programme international pour le suivi des acquis des élèves) initié depuis 2000 par l'OCDE, notre système éducatif ne cesse de régresser. Depuis la dernière enquête, réalisée en 2006, nous perdons des places dans tous les domaines.


En compréhension de l'écrit, les élèves français passent de la 17e place (ils étaient 14e en 2000) à la 22e. En mathématique, où nous tirions jusqu'alors notre épingle du jeu (13e en 2003), nous voici relégués à cette même 22e place. En sciences, l'addition est encore plus lourde puisque les élèves Français qui étaient 10es en 2003 sont désormais 27es.


Au palmarès final, la France se situe désormais dans la petite moyenne sur 65 pays: pas vraiment nulle, mais pas brillante du tout. Au tableau d'excellence figurent Shanghai, la Corée et la Finlande. On pourra certes se consoler en se disant que nous faisons jeu égal avec l'Allemagne sauf que ce pays s'est considérablement redressé de même que le Portugal, l'Italie et la Pologne, alors que nous nous enfonçons.


La faute aux suppressions de postes et à la «politique dangereuse et irresponsable» du gouvernement comme n'ont pas manqué de le souligner hier les syndicats d'enseignants et Bruno Julliard, le sécrétaire à l'éducation du PS ?


Ce serait oublier que la France arrive largement en tête des 65 pays classés en matière de dépenses consacrées à l'éducation : près de 75.000 dollars par enfant de 2 à 15 ans quand la moyenne s'établit autour de 69.000. Et tout ça pour que l'école creuse encore un peu plus les inégalités sociales dans notre pays.


Car c'est bien là l'enseignement majeur de cette enquête: alors que dans d'autres pays l'école réussit à réduire les inégalités issues du milieu socioculturel, la France y échoue. Un constat qu'a bien été contraint de faire, hier, Luc Chatel en promettant de répondre au défi. Comment ? La meilleure façon serait sans doute de s'inspirer des réussites à l'étranger.


A commencer donc par regarder ces pays qui ont une meilleure formation des maîtres, une meilleure gestion des accompagnements des élèves, pas seulement de ceux qui sont en difficulté et qui chez nous perçoivent cette aide comme stigmatisante. Ces pays veillent aussi à l'affectation des meilleurs enseignants dans les zones les plus défavorisées, à un respect de la discipline - un autre point noir souligné en France... - ou encore à une revalorisation du travail de l'enseignant.


C'est ce qui vient d'être expérimenté avec succès à Shanghai où les meilleurs profs sont dans les classes les plus difficiles. C'est ce qui se fait depuis longtemps en Finlande o ù le prof est bien formé, respecté et bien payé.


Un programme dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'est pas celui qui a cours en France depuis 2002.

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Publié dans Education

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