Les GI ont plié bagages, l'Irak au bord du chaos

Publié le par DA Estérel 83

Marianne

 

 

Vingt quatre heures tout juste après le départ du dernier soldat américain, l'Irak est en proie à une flambée de violence sans précédent. Une série d'attentats meurtriers a frappé les quartiers chiites. Ce qui fait redouter aux services de renseignements occidentaux le retour des violences interconfessionnelles, voire une guerre civile, sur fond de luttes politiques. Plusieurs dizaines de milliers de soldats américains postés au Koweït sont déjà prêts à revenir.


Les GI ont plié bagages, l'Irak au bord du chaos
D’un naturel optimiste, aveuglés par leur mission pacificatrice, encore en 2009, dans un rapport de la Rand Corporation, les américains vivaient avec l’illusion de laisser derrière eux un Irak apaisé: « La décision de l’administration Obama de retirer toutes ses troupes d’Irak dans un délai de 19 mois a fait naître des craintes de voir l’Irak connaître à nouveau le niveau de violence à grande échelle qu’a connu le pays de 2004 à 2007. Ces craintes sont pour la plupart exégérées. Il y a de bonnes raisons de croire que la stabilité peut-être maintenue en Irak, même sans une présence massive des Etats-Unis »écrivait Lionel Schwartz, analyste à la Rand.  

La transformation de Bagdad en une ville à majorité chiite et le soutien des pays frontaliers devaient jouer un rôle majeur dans la stabilisation du pays. 

Quelques jours après le départ des Boy’s, c’est un tout autre constat qui s’impose dont la vague d’attentats qui a frappé Bagdad jeudi matin est l’illustration. Au moins 12 explosions ont retenti dans 9 quartiers de la ville, faisant 63 morts et plus de 200 blessés. Des attaques coordonnées qui ciblaient essentiellement les quartiers chiites et qui font craindre un retour des violences confessionnelles sur fond de luttes politiques.

UN SYSTÈME POLITIQUE VOUÉ À L'ÉCHEC

Chercheur au CNRS et spécialiste de l’IRAK, le 18 décembre,Pierre Jean-Luizard anticipait les difficultés à venir  : « les Américains laissent derrière eux un système politique qui est voué à l’échec. C’est un système qui a été, par défaut d’autres solutions, conçu sur des bases confessionnelles et ethniques, dont la Constitution de 2005 condamne les Irakiens à jouer un jeu politique duquel ils ne peuvent pas sortir et qui les met en confrontation sur des bases d’abord communautaires et régionales. La meilleure illustration de tout cela est le mandat d’arrêt que le premier ministre chiite Nouri al-Maliki vient de lancer contre le vice-président arabe sunnite Tareq al-Hachemi, qui avait pourtant remporté les dernières élections législatives et qui a été privé de sa victoire électorale par le jeu des alliances communautaires entre chiites et kurdes ». 

Accusé de terrorisme et d’avoir financé des escadrons de la mort, Tarek El Hachémi nie toutes les accusations et accuse le premier ministre de complot, qualifié de « Saddam chiite  »par ses opposants. Face a ces tensions, le groupe parlementaire sunnite Iraqiya a décidé de boycotter l'Assemblée et le gouvernement. Une provocation pour le chef du gouvernement, lequel a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s'ils maintenaient cette décision. 
La lutte acharnée qui oppose le Premier ministre Nouri Kamal al-Maliki, un chiite, et ses ennemis politiques au Parlement n'avait néanmoins pas été marquée jusqu’ici par une flambée de violence.

UN DÉPART PITEUX ET DES GI PRÊTS À REVENIR

Chaque jour le bilan calamiteux des américains saute aux yeux et la démocratie de carton-pâte montre des signes de faiblesse. Dans ce contexte, selon Le Canard Enchaîné, c’est bien une reprise des hostilités que craignent les services de renseignements occidentaux: « cette guerre menée pendant plus de huit ans par Bush et Obama est un échec patent. Leur armée abandonne un pays aux mains d’un gouvernement chiite corrompu, allié à l’Iran, et en butte à l’hostilité d’une minorité sunnite » confie un officier du renseignement. 

Un nouveau Vietnam suivi d’une guerre civile pour les plus optimistes, « un arc chiite allant de la Syrie à l’Iran, en passant par l’Irak et le Hezbollah Libanais ». Autrement dit, la hantise d’une troisième intifada chiite pour les plus alarmistes.   

Dans un texte qui apparaît aujourd’hui prophétique, le lieutenant-colonel Michel Goya,   spécialiste des nouveaux conflits, auteur de l’Irak, les armées du chaos, l’une des têtes pensantes de l’état major des armées écrivait en 2003 ( !) à propos de  la troisième guerre du Golfe déclenchée par George W Bush : « un scénario militaire très probable apparaît, celui du retour du body-count et d’un enlisement croissant de forces américaines mal soutenues par des auxiliaires peu nombreux ou peu fiables. Dans ce qui sera un mélange de Viêt-nam et d’Intifida, il est difficile de prévoir une autre issue que le retour piteux des boys au pays. Cette pente naturelle ne peut être contredite que par l’action d’hommes énergiques et imaginatifs, politiques et/ou militaires ». 

Huit ans après, c’est l’hypothèse du retour piteux -et néanmoins précipité-  qui l’a emporté sur celle de l’homme politique et/ou militaire providentiel dans un contexte de réconciliation intercommunautaire impossible. Et nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises. Outre les dizaines de milliers de membres de société de sécurités privées, peu connues pour leurs compétences en termes de réconciliation et de maintien de la paix, les américains laisseront 50.000 GI au Koweït, prêts à débarquer en cas de besoin. Le chaos qui règne à Bagdad ne leur laissera peut-être même pas le temps de défaire leur paquetage.
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Publié dans Etranger

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V
il serait temps que les extra-terrestres débarquent afin de r^gler une bonne fois pour toutes ces histoires de religions, du jour au lendemain plus aucune guerre, quelle paix !
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