Le ministre de la justice se mouille pour deux procureurs

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart

 

 

Le ministre de la Justice Michel Mercier s'attire les foudres du Syndicat de la magistrature (SM, gauche) pour avoir décidé de proposer son directeur de cabinet, François Molins, au poste de procureur de la République de Paris. Dénonçant la «proximité avec le pouvoir exécutif» de François Molins, le SM «espère vivement que le Conseil supérieur de la magistrature aura à cœur de jouer pleinement son rôle de gardien vigilant de l'indépendance de l'autorité judiciaire» en retoquant sa candidature, annonce le syndicat ce samedi 15 octobre.

 

La veille, Michel Mercier avait essayé d'épargner maladroitement le procureur de Nanterre, Philippe Courroye. Arrivant au congrès de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le ministre a pris à part Christophe Régnard, le président de l'USM, pour lui demander de ne pas lire un passage de son discours très virulent sur Philippe Courroye, discours qui lui avait été transmis jeudi par courtoisie. Christophe Régnard a refusé. 

Le président de l'USM, syndicat qui défend la juge Isabelle Prévost-Desprez contre le procureur Courroye, a notamment déclaré ceci :

«Avait-on jamais vu un procureur adresser à un président de juridiction un courrier fondé sur des rumeurs de couloir et des informations erronées, non vérifiées et immédiatement démenties, pour demander l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre un magistrat du siège, comme on l'a vu en décembre 2009?

«Avait-on jamais vu un procureur faire vérifier, malgré la loi de janvier 2010 sur le secret de sources, les fadettes de journalistes dans le seul objectif de démontrer l'existence de communications, qu'il pouvait présumer, entre la juge en question et un journaliste, avec qui elle avait écrit un livre quelques semaines plus tôt, pour lui imputer, sans preuve, une violation du secret de l'instruction et trouver un motif à son dessaisissement?

«Avait-on jamais vu un procureur, cité dans des enregistrements, certes piratés, conserver le contrôle de l'enquête, sans que ni lui, ni sa hiérarchie s'en émeuvent? Avait-on jamais lu, sans que cela soit démenti, ni qu'aucune action en diffamation ne soit engagée, un ancien conseiller du ministre de la Justice expliquer que le procureur n'en faisait qu'à sa tête, ne rendait pas compte à sa hiérarchie, préférant transmettre les informations directement à l'Elysée? Avait-on jamais pu imaginer qu'un témoin essentiel relaterait qu'avant toute signature, les procès-verbaux de ses déclarations étaient transmis par fax, notamment au parquet, et que celui-ci "rappelait pour faire changer tel ou tel mot"?»

Le ministre de la Justice n'a pas bronché.

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Publié dans Justice

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V
<br /> mais de quoi auraient-ils peur à présent !!!!<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Pour comprendre le comportement de M. Mercier il suffit de se souvenir qu'il avait fait l'objet d'une plainte pour prise illégale d'intérêt,et que cette plainte a été opportunément classée la<br /> veille de sa nomination au ministère<br /> de la justice. Garde des sceaux ou garde des casseroles?<br /> <br /> <br />
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