Ils étaient en train de se faire oublier...

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Les révolutions du printemps arabe, la chute de Kadhafi suite à l'intervention franco-anglaise cet été et les grandes manoeuvres diplomatiques autour de la demande de reconnaissance unilatérale d'un état palestinien par l'ONU: autant d'évènements qui ont secoué le Proche-orient et avaient fini par nous faire oublier l'Iran. Et puis voilà que cette semaine les clignotants concernant ce pays sont en train de repasser à nouveau nettement dans le rouge sur les écrans de surveillance des capitales occidentales.

Premier clignotant: la découverte d'un complot ourdi par l'Iran sur le sol américain et qui visait à assassiner l'ambassadeur saoudien en poste aux Etats-Unis. Si Téhéran s'est évidemment empressé de nier tout lien avec le terroriste arrêté, un citoyen américano-iranien, les preuves de l'implication de la république islamique dans la préparation de cet attentat déjoué sont pourtant nombreuses et probantes. Assez en tout cas pour que le président Barack Obama intervienne pour expliquer qu'il disposait de suffisamment d'éléments pour conclure que le terroriste «recevait des ordres d'individus au sein du gouvernement iranien».

Il n'en fallait pas plus pour que les Etats-Unis demandent un renforcement des sanctions contre l'Iran. Pas plus non plus pour que la tension entre l'Arabie saoudite et l'Iran monte d'un cran, Ryad envisageant «toutes les options» pour punir Téhéran.

C'est dans ce contexte que le Figaro d'hier révèle que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) va rendre publique lors de son prochain conseil des gouverneurs, le 17 novembre à Vienne, un rapport qui ne laisse plus aucune ambiguïté sur le caractère militaire du programme nucléaire de Téhéran. Jamais l'AIEA n'avait été aussi claire: oui, l'Iran prépare bel et bien sa bombe nucléaire.

Une conviction forgée par le travail sur le terrain de ses inspecteurs mais surtout par l'analyse - bien plus attentive que du temps où l'Egyptien ElBaradei était à la tête de l'agence... - des images satellites fournies par les pays occidentaux. Fort de ce rapport, ceux-ci devraient renforcer encore leur pression sur Téhéran. Moins sans doute pour empêcher l'Iran de posséder un jour prochain l'arme atomique - selon certains experts il serait déjà trop tard pour cela - mais dans l'espoir qu'un ultime et radical tour de vis provoque un soulèvement qui empêcherait au moins que l'arme nucléaire ne tombe dans les mains des actuels maîtres de Téhéran.

Américains et Européens savent qu'ils sont condamnés à gagner cette course contre la montre au risque qu'Israël finisse par s'affranchir de leurs appels à la retenue et - au nom du sacro-saint principe supérieur de sécurité de l'état hébreu - ne se lance dans des frappes préventives. Un scénario-cauchemar qui hante à nouveau les chancelleries et les états-majors occidentaux.

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Publié dans Etranger

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