« La réforme de l'hôpital a été gravement dévoyée sur le terrain »

Publié le par DA Estérel 83

Les Echos-copie-1 28/09/2010

 

Majoritaire parmi les directeurs d'hôpital, le Syndicat national des cadres hospitaliers s'élève contre l'absence de contreparties

Majoritaire parmi les directeurs d'hôpital, le Syndicat national des cadres hospitaliers a soutenu la réforme de l'hôpital de juillet 2009. Son président explique pourquoi ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Vous venez d'écrire à Roselyne Bachelot pour critiquer la mise en oeuvre de la réforme de l'hôpital. Pourquoi maintenant ?

La loi a été votée il y a plus d'un an, une grande partie des décrets d'application sont parus. Il est temps de dresser un bilan. Alors que nous avions soutenu la réforme, nous jugeons aujourd'hui qu'elle est en train d'être gravement dévoyée sur le terrain. On va droit dans le mur.

Avec cette loi, Nicolas Sarkozy voulait faire du directeur le vrai « patron » de l'hôpital. Ce n'est pas le cas ?

Si ! Les directeurs sont plus exposés que jamais. Ils assument seuls les prises de décision. Avec les regroupements, certains se retrouvent à la tête de plusieurs hôpitaux. Il faut que ces efforts soient récompensés financièrement, et c'est là que le bât blesse. Les promesses ne sont pas tenues.

Que demandez-vous ?

La ministre s'était engagée fin 2008 à revaloriser le traitement des directeurs et ne l'a toujours pas fait. Actuellement, les salaires des directeurs ne tiennent pas compte de l'envergure de leurs responsabilités, ni des résultats qu'ils obtiennent dans leur établissement. Le protocole que nous avons signé en février dernier avec le ministère prévoyait une refonte du système des primes pour les cadres hospitaliers. Il n'est toujours pas entré en vigueur. Les cadres continuent à être notés comme des écoliers.

Les agences régionales de santé mises en place par cette loi facilitent-elles votre travail ?

Au contraire. Dans de nombreuses régions, la mise en place des ARS conduit à des situations oscillant entre l'immobilisme et le chaos. Nous avons perdu notre interlocuteur. Certains établissements n'ont toujours pas reçu la notification de leur budget pour 2010 ! A l'inverse, les agences multiplient les requêtes sur des points de détail qui ne relèvent pas de leur compétence. Les ARS sont trop absorbées par leur organisation interne. Leur tâche est complexe, car elles sont en train de fusionner sept administrations différentes. Nous en sommes conscients, mais cela n'excuse pas tout.

La loi visait aussi à faciliter le recrutement des médecins…

Le texte prévoit la mise en place d'un nouveau contrat de praticien hospitalier, qui permettrait de baser une partie de la rémunération des médecins sur leur activité. C'est indispensable pour attirer les praticiens à l'hôpital public et c'est logique puisque, aujourd'hui, les hôpitaux sont rémunérés en fonction de leur activité. Or, le texte qui met en place ce contrat n'est toujours pas publié. Conséquence, l'hôpital n'a toujours pas les outils nécessaires pour attirer les talents, et de plus en plus de médecins partent pour les cliniques privées.

Publicité

Publié dans Santé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
<br /> décidément même des gens qui ont entre 12 et 15 ans d'études comme des directeurs d'hospitaux croient encore Sarkozy ?<br /> <br /> <br />
Répondre