Fillon 8, la bouée de sauvetage

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010 Dominique Garraud 15/11/2010

 

Neuf mois de gestation et une décision annoncée toutes affaires pressantes un week-end. Un Premier ministre débarqué le samedi soir, puis reconduit le dimanche matin. Des ministres amers (Borloo et Morin) qui annoncent leur départ avant que la messe soit dite...

 

L'épilogue du feuilleton du remaniement annoncé dès mars dernier par Nicolas Sarkozy a été à la hauteur de sa préparation: abracadabrantesque, comme disait Chirac citant Rimbaud. Assez proche dans la scénarisation de ces séries américaines dont la fin doit coïncider pile-poil avec le «money-time» de la plus forte audience télévisée pour masquer l'indigence du scénario.


Car sur le fond, les politologues ont du grain à moudre pour trouver une quelconque cohérence à ce qui ne sera finalement que le septième changement d'équipe ministérielle pour Fillon depuis 2007. En matière d'analyse décoiffante, la palme revient à la député UMP, Valérie Rosso-Debord, pour qui la reconduction de son mentor François Fillon prouverait que «la continuité est (aussi) une rupture». Beau sujet d'étude s'inscrivant dans le droit fil du «changement dans la continuité», le slogan de campagne qui allait amener Giscard d'Estaing à la défaite contre François Mitterrand en 1981.


En écartant la tentation Borloo pour reconduire Fillon à la tête d'un gouvernement sans véritable bouleversement (l'éviction d'Éric Woerth n'est pas une surprise) Nicolas Sarkozy a fait le choix obligé du capitaine d'un bateau qui prend l'eau: se saisir de la seule bouée de sauvetage tendue par l'équipage. La bouée que lui imposait jour après jour sa propre majorité parlementaire de plus en plus alarmée par la descente aux enfers sondagiers de leur encore champion pour 2012.


Hervé Morin, l'ancien ministre centriste de la Défense n'a pas tort de voir dans ce nouveau gouvernement «une équipe électorale UMP proche du RPR»; même si une poignée de centristes ont été recrutés in extremis. Le départ de Jean-Louis Borloo constitue ainsi le fait politique marquant d'un remaniement qui consacre un noyau dur UMP symbolisé par le retour d'Alain Juppé. Cette éviction n'est pas faite pour déplaire à Fillon qui récemment encore traitait Borloo de «zozo» pour sa gestion de la pénurie de carburants.


Le problème reste que cette sortie de Borloo, l'élément le plus représentatif de la famille centriste de la majorité, n'était ni prévue, ni voulue par l'Élysée qui a beaucoup proposé pour le retenir au sein du gouvernement.


Une preuve supplémentaire que ce remaniement sans utilité évidente est à l'image d'une politique dont la boussole a une tendance fâcheuse à s'affoler.

 

 

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Publié dans Gouvernement

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V
<br /> et une bonne affaire pour Ségolène ayant tendu la main aux centristes en 2007 contre l'avis de tout le PS ! A présent que les verts se sont regroupés, il n'y a aucun obstacle entre ségolène et la<br /> présidence, DSK s'étant écrabouillé ce matin sur France Inter, disant à propos du FMI le contraire exact de ce qu'il y fait !!! Heureusement que j'étais assise en train de siroter un café car si<br /> non je me serai écroulée de rire !!!! La colère de Boorlo fait du bien à voir, et Sarkozy peut être heureux, le parti unique est au pouvoir pour un an et demie pas plus.......<br /> <br /> <br />
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