Éric Woerth peut-il toujours porter la réforme ?

Publié le par DA Estérel 83

Le DauphinéLibéré 04/09/2010

 

 “Franchement, dans la V e République, je suis probablement celui qui a été le plus sali, le plus visé, le plus ciblé, le plus démoli, moi et mes proches”. Voici peut-être l’une des déclarations d’Éric Woerth qui aura le plus fait l’unanimité, ces derniers jours.

 

Car alors que le débat sur la réforme des retraites s’ouvre mardi à l’Assemblée nationale, le ministre du Travail se retrouve affaibli par l’affaire Bettencourt, la journée de mobilisation sociale du 7 septembre et les politiques de tous bords qui réclament sa tête. Est-il toujours capable de défendre une réforme promise par Nicolas Sarkozy ?

 

Éric Woerth bénéficie toujours du soutien du président de la République. Nicolas Sarkozy, en personne, a défendu son ministre du Travail, hier, en déplacement en Côte-d’Or. Mais un soutien du bout des lèvres, puisque le président s’est contenté de répondre de manière très laconique et un brin agacé. Il a, en revanche, été beaucoup plus éloquent sur le soutien sans faille qu’il apporte à la réforme.

 

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a pris, elle aussi, la défense du ministre du Travail, hier. Sur France 2, elle a appelé à “dépersonnaliser” le dossier de la réforme des retraites, ajoutant qu’elle ne comprenait pas ce qui était dit dans la presse “de la part de certains syndicalistes”. Mais pressée de dire si elle soutenait Éric Woerth, elle a simplement répondu qu’elle soutenait “la réforme des retraites”.

 

De leur côté, les députés communistes (PCF et apparentés) ont clairement demandé, hier, au président Nicolas Sarkozy, de retirer à Eric Woerth le dossier des retraites.

 

Quant à la députée PS, Marisol Touraine, l’une des principales oratrices du groupe socialiste sur les retraites, elle a suggéré, hier, “un nouveau ministre” pour reprendre les négociations avec les syndicats et les parlementaires. “Les petits mensonges d’Éric Woerth jettent le discrédit, le soupçon sur l’ensemble du gouvernement”, a-t-elle ajouté. Et son collègue, Claude Bartolone, lui a emboîté le pas en demandant la démission du ministre du Travail, “qui a menti” dans l’affaire Bettencourt.

 

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Publié dans Retraite

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