Au Medef, on rêve déjà de Fillon et Copé

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1Laurence Dequay - Marianne | Samedi 4 Septembre 2010 

 

Notre reporter Laurence Dequay s'est promenée dans les allées de l'Université d'été du Medef. Apparemment, si Eric Woerth est soutenu dans l'adversité, beaucoup de chefs d'entreprises en viennent à souhaiter, mezzo vocce, que Nicolas Sarkozy renonce à se représenter en 2012.
Ce fut une courte mais agréable récréation pour Eric Woerth empêtré dans le scandale Bettencourt. Invité le 3 septembre à l’une de dernières tables rondes de l’université du MEDEF à Jouy-en-Josas, le ministre du travail, arrivé deux minutes seulement avant l’ouverture des débats afin d’éviter les journalistes, y a été chaleureusement applaudi. Non que son intervention ait subjugué la foule : si certains patrons sont gré à Eric Woerth de ne rien lâcher sur son projet de réforme des retraites, ils le juge trop frileux sur la « nécessité absolue » de créer des fonds de pensions tricolores. Mais les participants comme Florence Ribes d’IRIS Financing ont apprécié son « courage ».
 
« Dans nos milieux, on ne lâche pas le gouvernail dans la tempête, martelait un dirigeant de SSII » . « Ces histoires de rosettes, ça toujours été comme ça, renchérissait un initié. Ce n’était pas mieux sous Mitterrand. » * Avant que son voisin, inquiet de la mobilisation du 7 septembre, ne nuance : « S’il fallait remplacer Woerth, ce devait être avant l’été. Et il aurait dû démissionner plus tôt de sa fonction de trésorier de l’UMP de façon à ne pas parasiter le débat sur les pensions.»

De fait, dans les coursives des amphithéâtres du campus d’HEC, plus que les casseroles d’Eric Woerth, c’est la candidature de Nicolas Sarkozy à un second quinquennat qui inquiétait. « Il s’est tellement grillé auprès des Français que ça va nous desservir, se désolait une alerte septuagénaire patron d’un cabinet de fusions acquisitions. Nos compatriotes sont capables de basculer à gauche ! » Aux yeux de dirigeants qui imposent à leurs rejetons de faire leurs classes dans leurs sociétés, l’éphémère désignation du Prince Jean à la tête de l’EPAD, l’organisme de gestion du quartier d’affaires de la Défense, fait encore figure d’impardonnable impair. « Quel népotisme ! On est tout de même pas au temps des empereurs romains. » cinglait un petit patron de l’industrie pour lequel l’hyperprésident est devenu un boulet pour son gouvernement, « une équipe très efficace ». Et de rêver avec d’autres de nouvelles aventures derrière le Premier Ministre François Fillon ou Jean-François Coppé le président du groupe UMP à l’Assemblée…

                                                                 * * *
* Cet initié devrait lire les journaux bien informés (ou bien le Medef devrait - s'il en a les moyens - lui offrir un abonnement à Médiapart ou Marianne). Car ramener l'affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy à une simple histoire de légion d'honneur... pour mieux placer son couplet Mitterrand, c'est se moquer du monde. 

Quant à sa collègue septuagénaire, il serait peut-être temps qu'elle demande l'asile politique en Angleterre, car effectivement, non seulement nos compatriotes sont capables de basculer à gauche, mais il y a de grandes chances qu'il le fassent en donnant  un aller simple vers la sortie a Sarkozy et l'UMP.
SP-normal

 

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Publié dans Politique

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