Engouement pour les primaires socialistes : de 3 à 5 millions de Français prêts à voter

Publié le par DA Estérel 83

LeMONDE-copie-1Par Olivier Schmitt 02/12/2010

 

Les bisbilles ressurgies au moment de l’annonce de la candidature de Ségolène Royal aux primaires ouvertes du PS pour l’élection présidentielle n’ont aucune conséquence apparente sur la volonté des Français de prendre une part active à cette désignation inédite.

 

Selon une enquête BVA, rendue publique le 2 décembre dans le cadre de l’émission La Matinale, sur Canal Plus, plus de 3 Français sur 10 (31%) manifestent un «intérêt» pour les primaires socialistes et un peu moins d’1 sur 5 (18%) envisage «avec certitude» de participer au vote.

 

Comme le note Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA, «même si, en 2011, ces primaires ne réunissaient finalement que la moitié de ces électeurs “certains d’aller voter”, cela constituerait un spectaculaire succès; une telle participation, comprise entre 3 et 5 millions d’électeurs, irait même bien au-delà des hypothèses les plus ambitieuses envisagées rue de Solferino».

Seconde surprise de cette enquête, le «pacte» Aubry-Strauss-Kahn, qui agace tant les candidats déclarés ou éventuels aux primaires, est approuvé non seulement par les électeurs potentiels (52% contre 45%) mais aussi par les sympathisants socialistes (58% contre 40%).

Ces mêmes sympathisants approuvent aussi très largement, à 72%, le calendrier décidé par la direction (dépôt des candidatures en juin; campagne durant l’été;vote entre la mi-octobre et à la mi-novembre).

En revanche, dans le droit fil des enquêtes

récentes, DSK écrase sans surprise toute concurrence: «Les Français dans leur ensemble (46%) tout comme les électeurs potentiels des primaires (41%) sont plus de quatre sur dix à faire de DSK leur champion pour ces primaires. Il devance très nettement tous ses concurrents puisque la seconde, Martine Aubry, se situe à 36 points de lui (10% des intentions).

Auprès des électeurs potentiels, le rapport est presque aussi spectaculaire, puisque DSK devance de 25 points Ségolène Royal (2ème avec 16%) et de 27 points Martine Aubry (3ème avec 14%). Les autres candidats d’envergure nationale réalisent des scores inférieurs à 10%, tant auprès des Français que des électeurs potentiels des primaires et se situent dans une course très resserrée entre Hollande (7% auprès des Français et 9% auprès des électeurs potentiels), Valls (8% et 7%) et Montebourg (7% et 8%).


Pour l’heure, les autres candidats déclarés ou putatifs (Moscovici, Bianco, Pierret et Le Scornet) ne font même pas de la figuration avec des scores compris entre 1% et 3%».

Mais, comme l’explique en guise d’avertissement le dg de BVA, cet engouement a un revers: «Une majorité des Français intéressés par ce choix du candidat socialiste n’est pas socialiste (seulement 46% de sympathisants PS parmi les 31% de Français manifestant un intérêt pour les primaires) et plus d’un quart (27%) n’est même pas de gauche, alors même que nous rappelions dans la formulation de la question qu’il fallait pour voter s’engager sur son adhésion aux valeurs de la gauche. 

 

10% d’électeurs de droite, 6% du Modem et 11% sans proximité partisane peuvent suffire à polluer le choix du candidat censé représenté le PS à la prochaine présidentielle». Cette constatation peut paraître inquiétante. Mais les pourcentages décrits par l’enquête de BVA ne sont pas très éloignés de ceux comptant les électeurs UMP ou Modem qui se déclarent proches des idées de la gauche. Et on peut parier aussi que les électeurs de droite hésiteront à se rendre dans des bureaux de vote tenus par des militants socialistes de leur quartier ou de leur canton.

 

Peut-être faudra-t-il, pour s’en assurer, moduler la cotisation prévue de 1 euro en augmentant, par exemple, la participation des non-adhérents au PS.

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Publié dans PS

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