Christian Estrosi, santo subito
LAÏCITÉ / vendredi 29 octobre par XAVIER MONNIER
En posant un buste de Jean Paul II à Nice, le maire et ministre Estrosi n’honore pas le patron des catholiques, mais le chef du redoutable et redouté Etat du Vatican. Ouf.
Après le coup de chaud sécuritaire de l’été, le ministre de l’IndustrieChristian Estrosi a voulu trouvé la rédemption auprès de feu le Saint-PèreJean Paul II. Comme s’en est délectée la fort peu pieuse presse déchaînée,le maire de Nice a fait voter à la mi-septembre l’achat d’un buste de 40 cm et 7600 euros de l’ancien pape, en vue de l’installer sur la place du monastère de Cimiez dans le centre-ville.
Tout à son horrible volonté de bouffer du curé tout frais, l’opposition s’était gentiment levée pour dénoncer cette horrible atteinte à la laïcité, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la loi de 1905, etc, etc…
En guise de réponse que nul n’aurait eu l’intelligence (ou l’audace de lui souffler), le motodidacte Estrosi avait alors servi qu’il n’honorait pas bien sûr, le patron des catholiques, mais bien le chef du redoutable et redouté état du Vatican. "Le pape Jean-Paul II est une personnalité marquante du XXe siècle incarnant les valeurs universelles. Il a eu la volonté durant son pontificat -qui a été un des plus longs de l’histoire de l’Eglise- de rapprocher les religions, d’œuvrer pour la défense de la dignité humaine et de promouvoir les droits de l’Homme. Il est considéré à ce titre, comme l’un des leaders politiques les plus influents du siècle dernier " a tonné l’édile. Avant que son tandem Eric Ciotti, conseiller général extrêmement humaniste, dénonce une opposition "grotesque, médiocre et sectaire".
L’inauguration a bien eu lieu, le 23 octobre dernier. Mais à observer le carton d’invitation envoyé aux bienheureux, la nature de chef d’Etat de Jean Paul II ne saute pas aux yeux.
En route pour la rédemption ! Si l’argent des contribuables peut sauver une âme, autant faire preuve d’indulgence…

