Bordeaux: face-à-face tendu entre CRS et gens du voyage

Publié le par DA Estérel 83

MidiLibre-copie-1 15/08/2010

Un face-à-face tendu opposait dimanche en fin d'après-midi à Bordeaux CRS et gens du voyage, qui ont voulu pénétrer de force sur un terrain pour y stationner, après une journée de confusion où le pont d'Aquitaine a été bloqué et aucune solution n'a été trouvée avec les autorités.

Cette première action d'envergure depuis les mesures prises par le gouvernement visant Roms et gens du voyage a dégénéré vers 17H30 avec de brèves échauffourées entre les deux parties.

Une cinquantaine de gens du voyage, faisant parti d'un convoi de 250 véhicules et caravanes arrivés du pont d'Aquitaine (A630) qu'ils bloquaient depuis la mi-journée, ont vidé une benne remplie de grosses pierres puis l'ont déplacée pour pouvoir pénétrer sur le terrain du parc des sports, près de Bordeaux-Lac.

Cinq véhicules ont pu passer alors qu'une vingtaine d'autres -qui avaient emprunté un autre passage- se trouvait déjà sur place. Mais les CRS ont formé un cordon pour empêcher les suivants, ce qui a donné lieu à des bousculades. Quelques jets de pierre ont visé les CRS qui ont répondu par de brefs jets de gaz lacrymogènes et porté deux coups de matraque sur un camion.

Après un retour au calme, des jeunes femmes ont brandi des banderoles de l'Association de la vie du voyage (ADVD) avec les inscriptions "Liberté, égalité, fraternité". "Ils nous ont proposé un parking pas sécurisé pour nos enfants, on veut juste un terrain plus tranquille. On veut taper un coup de poing sur la table. Sarkozy fait des amalgames", a estimé James Dubois, président de l'ADVD. "Il est en train de nous monter les uns contre les autres, notre pays, c'est la France", a-t-il poursuivi.

La mairie de Bordeaux avait refusé aux gens du voyage l'accès à ce terrain. Ces derniers s'étaient vu proposer une solution alternative, le parking du parc des expositions situé à proximité.

"Je veux éviter les débordements", a déclaré aux policiers Jean Avrillas, responsable des gens du voyage. "C'est à contrecoeur, on ne nous donne pas d'autre choix que d'avoir recours à la force", a-t-il ajouté

Les gens du voyage, qui avaient évacué dimanche matin un camp situé à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) sur décision de justice, avaient mené cette action pour obtenir une aire de stationnement satisfaisante.

"Le responsable des gens du voyage a opposé un refus catégorique" au parking, selon la préfecture. Une médiation sans succès a duré une bonne partie de l'après-midi sur le pont d'Aquitaine entre le sous-préfet du bassin d'Arcachon, Pascal Gaucci, et les manifestants. "Il y a une volonté de passer en force en mettant en danger les forces de police", a-t-il expliqué.

"Ca fait 15 jours qu'on appelle la ville de Bordeaux pour avoir un emplacement, on arrive ici et ils nous refusent un emplacement décent", a remarqué Jean Avrillas, responsable des gens du voyage.

Le barrage sur l'imposant pont d'Aquitaine, qui enjambe la Garonne, avait d'abord créé un bouchon de 5 km en direction de Paris, et 2 km en direction de Bordeaux sur l'A630, selon le Centre régional d'information et de coordination routières (CRICR). Le pont avait été fermé à la mi-journée et des déviations avaient été mises en place pour désengorger le trafic et rétablir la circulation sur les routes de l'agglomération bordelaise, en ce dimanche 15 août classé orange dans le sens des retours, selon le CRICR.

 

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Publié dans Société

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