Christian Estrosi attaque Michel Destot, qui crie à la diversion

Publié le par DA Estérel 83

Le DauphinéLibéré par la rédaction du DL le 15/08/2010 à 05:22

Ministre de l’Industrie et proche de Nicolas Sarkozy, le maire de Nice, Christian Estrosi, a lancé hier matin dans les colonnes de notre confrère Le Journal du dimanche un appel à l’union sacrée des maires de gauche comme de droite, proposant du même coup « de très fortes amendes » contre les municipalités qui ne respecteront pas « leur obligation de sécurité ».

Et le ministre Christian Estrosi, dont le chef de cabinet adjoint n’est autre que… Fabien De Sans Nicolas, qui conduisit la liste de l’UMP aux dernières municipales contre Michel Destot, de camper le décor : « Il se trouve que la législation actuelle, et c’est Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui l’a voulu dès 2007 avec sa loi de prévention de la délinquance, place le maire au centre de cette lutte contre l’insécurité. (...) Ceux qui ne s’y conformeront pas seront hors la loi ».

Du coup, le maire de Nice tacle Martine Aubry et Michel Destot en s’interrogeant : « Pourquoi Martine Aubry ne veut-elle pas de caméras de surveillance dans sa ville ? De même, le maire de Grenoble ne fait-il rien pour sécuriser sa commune et se plaint-il que tout explose ? »

Avant de lancer : « Après le cynisme de Mitterrand, la naïveté de Jospin, voici venu le renoncement d’Aubry ! »

C’est peu de dire que, loin d’être flatté de se retrouver seul en compagnie de la patronne du PS pendant que Christian Estrosi délivrait un satisfecit à Manuel Valls, le député-maire de Grenoble a piqué un coup de sang.

Michel Destot déclarait aussitôt : « Le jour même où un sondage présente le sentiment de nos concitoyens sur la responsabilité de l’État face à la dégradation de la sécurité dans notre pays, Christian Estrosi tente une opération grossière de diversion pour masquer l’échec du gouvernement en mettant en cause les maires ».

Le président de l’Association des maires de grandes villes de France enchaînait : « Dois-je rappeler que depuis mon élection de maire les effectifs de la police municipale ont augmenté de 41 % quand, depuis 2002, ceux de la police nationale baissaient de 17 % et que trois bureaux de police nationale étaient fermés dans ma commune ? Dois-je lui rappeler que, si des faits graves se sont déroulés à Grenoble, la délinquance est en baisse dans ma ville comme le président de la République et le ministre de l’Intérieur l’ont eux-mêmes signalé ? »

Sauf que, ce jour-là précisément, Nicolas Sarkozy et Michel Destot avaient eu une vive altercation dans les bureaux de l’hôtel de police. Et que le président, quelque peu irrité par la fraîcheur de l’accueil du maire, lui aurait lancé : « Je vais lâcher les chiens ! »

Doit-on considérer que c’est désormais chose faite ?

 

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Publié dans Politique

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