Journées d’été: les écolos sur la voie de la sérénité retrouvée?

Publié le par DA Estérel 83

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Les écolos font leur rentrée à Nantes ce jeudi après une fin d’année très agitée. Lors de ces «Journées d’été», il sera question de structure (comme depuis des mois), de projet pour 2012 (puisqu’ils iront bien à la présidentielle) et d’Eva Joly (qui devrait être finalement leur candidate).

 

« Nous n’entrons pas dans ses journées d’été de Nantes de la façon la plus sereine qui soit. Nous risquons de connaître le même climat lamentable que le 5 juin dernier, lors de notre Convention interrégionale. Les déclarations qui ont accompagné l’annonce de la venue (finalement annulée, ndlr) de Rama Yade l’ont montré. Ce que j’espère, c’est que l’on parvienne à Nantes à dépassionner un certain nombre de choses. » Pour parvenir enfin à un climat apaisé, comme l’appelle de ses vœuxMickaël Marie, trésorier des Verts, les écologistes vont devoir répondre à un certain nombre de questions lors de leur université de rentrée qui débute ce jeudi. 

 

Comme un symbole, un des premiers ateliers proposés aux « étudiants » s’interroge sur ce qu’est « un parti au XXIe siècle ? » De toutes évidences, Europe écologie n’a pas encore trouvé la réponse… Quelle forme doit prendre EE ? Voilà des mois, maintenant, que la question est en débat. Et à en croire ce proche de Dominique Voynet, c’est ce qui expliquerait — partiellement, bien sûr — l’ambiance à couteaux tirés qui règne entre les différents responsables du rassemblement des écologistes, qu’ils soient Verts ou « divers » : « Nous devons en discuter jusqu’en novembre prochain, lors de nos Assises. Aujourd’hui, c’est vrai, rien n’est arrêté et cela produit une forme d’affolement dans les rangs. » 

 

Ça n’est malheureusement pas à Nantes que devrait tomber la réponse finale. En revanche, militants et dirigeants écologistes auront pour mission de commencer à ébaucher leur « projet de gouvernement »pour 2012. C’est en tout cas le souhait de Yannick Jadot, eurodéputé et ancien dirigeant de Greenpeace, qui chapeaute le groupe chargé de son élaboration : « “L’écologie à l’épreuve du pouvoir”, c’est le thème de ces “Journées d’été”. Cela signifie que nous devons chercher à conserver la dynamique que nous avons connue lors des dernières élections, tout en nous préparant à exercer le pouvoir comme nous le faisons déjà au Parlement européen et dans les conseils régionaux. Les écologistes ont traditionnellement eu des idées fortes sur le nucléaire, les aéroports ou les autoroutes et laissaient aux socialistes tout ce qui était la gestion économique et sociale. Il nous faut avoir des positions sur ces thématiques-là. Il faut que nous soyons capables de les mettre en avant lors des négociations avec nos partenaires. » Ainsi, aux côtés de débats aux thématiques assez traditionnelles (« principe de précaution », « transition énergétique », etc.), les écologistes seront amenés à aborder des sujets plus inattendus. L’atelier intitulé « Une autre politique des drogues est possible » se verra donc en côtoyer un second s’interrogeant sur… ce « que ferait un écologiste au ministère de l’Intérieur » !  



« JE VEUX QUE L’ON PUISSE ÊTRE CAPABLE D’INVITER LE MEDEF »

Les différentes rencontres et tables rondes nantaises permettront finalement d’en savoir plus sur le positionnement de cet Objet politique non identifié qu’est encore aujourd’hui Europe écologie. À gauche, le rassemblement écologiste l’est-il vraiment ?  Certains de ses partenaires politiques se posent toujours ouvertement la question ? Yannick Jadot se veut rassurant : « Je n’ai voté pour ma part qu’une seule fois à droite. C’était pour Chirac… en 2002 ! Pour moi, il n’y a pas d’ambiguïtés. Au contraire, je veux que l’on puisse être capable, à l’avenir, d’inviter le Medef. Je veux que l’on soit sûr de nos valeurs et de nos positions pour ne pas craindre d’avoir à les confronter. » Et de poursuivre : « Avec le PS, nous avons, c’est vrai, des divergences. Eux pensent encore que c’est la croissance qui va nous sauver… Quant à Jean-Luc Mélenchon, il continue à soutenir les Chinois face aux Tibétains… Si c’est ça être“ancré à gauche”, ça me désespère ! Mais que nos partenaires socialistes et du Front de gauche se rassurent : on partira avec eux. Si nous annoncions dès aujourd’hui que tout est déjà bouclé, que nous avons déjà un “programme commun”, pourquoi les gens voteraient-ils pour nous ? »  

 

Mais pour Yannick Jadot, tout le monde au sein d’Europe écologie ne serait pas sur cette ligne, celle de l’affirmation. Selon lui, lors des « Journées d’été », deux tendances devraient s’affronter. D’un côté, ceux qui comme lui estime qu’Europe écologie doit « jouer sa carte » et « construire ses propres positions » et, de l’autre, ceux qui veulent une sorte de nouvelle « gauche plurielle ou gauche solidaire   ». Cette dernière position, plaisante-t-il, « offre pas mal d’avantages » : « Ça nous permettrait de négocier 30 circonscriptions gagnables et même des postes de ministres. C’est facile. Pas sûr, en revanche, que cela fasse progresser nos idées… » 



Mickaël Marie, lui, juge cette vision « un peu caricaturale ». D’autant, explique-t-il, que « plus personne ne dit aujourd’hui qu’il faut renoncer à la présidentielle ». La vraie opposition lors de ces « Journées d’été » se fera-t-elle alors sur le choix de leur candidat ? Si pendant un temps, à mots couverts, c’est joué un duel Cécile Duflot – Eva Joly, ces dernières semaines, l’ex-juge d’instruction, encensée par tous les médias, semble avoir pris le pas sur la secrétaire nationale des Verts. « La candidature d’Eva Joly, analyse Yannick Jadot, est devenue une évidence. La période politique est particulière et elle symbolise une ouverture et une éthique de l’action publique ». L'intéressée, elle, ne cache plus ses ambitions.  Et du côté des Verts, on concède qu’« il devient de plus en plus compliqué pour Cécile Duflot de vouloir se présenter ». Mickaël Marie croit en tout cas savoir que ces dames « n’iront pas l’une contre l’autre et finiront par s’entendre. » Ce qu’ont commencé à confirmer ce dimanche dans Le Journal du dimanche  , Cécile Duflot et son éminence grise, Jean-Vincent Placé.  

 

Une annonce qui doit faire angoisser la maison socialiste. Un proche d’Aubry confiait, encore il y a peu, préférer Cécile Duflot, la jugeant, dans un langage tout ce qui a plus « solférinien », « plus complémentaire de Martine » que ne l'est Eva Joly… Reste maintenant à cette dernière à se construire un discours allant au-delà de la simple (bien que nécessaire) dénonciation des puissances de l’argent. Un discours économique et social notamment. C’est peut-être aussi et surtout, pour Europe écologie, l’objectif de ces « Journées d’été ».  

 

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Publié dans Elections

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