Une majorité d'Irlandais en faveur d'un défaut de paiement
28/11/2010
Une majorité d'Irlandais souhaite que Dublin ne rembourse plus ses dettes astronomiques, indique un sondage publié dimanche dans le journal irlandais Sunday Independent, tandis qu'un vaste plan d'aide international était sur le point d'être conclu avec l'UE et le FMI.
57% des 500 personnes interrogées estiment que Dublin devrait faire défaut sur ses paiements, contre 43% qui pensent le contraire, selon l'enquête réalisée par l'institut Quantum Research.
Cette solution radicale, qui enverrait une onde de choc extraordinairement dommageable pour la réputation de l'Irlande sur l'ensemble des marchés financiers, figurait parmi les slogans lors d'une manifestation qui a réuni samedi entre 50.000 et 150.000 Irlandais, selon les estimations, dans les rues de Dublin.
Les manifestants dénonçaient le plan de rigueur draconien que veut imposer le gouvernement irlandais et qui est présenté comme la condition sine qua non du vaste programme d'aide à l'île qui devrait être bouclé ce dimanche.
Selon le même sondage, les deux tiers des personnes interrogées s'opposent à ces nouvelles mesures de rigueur, qui interviennent après trois budgets de rigueur.
La mesure le plus contestée est la réduction du salaire minimum, d'environ 12%: 66% des Irlandais s'y opposent. 60% sont contre la réduction des allocations familiales et 65% contre la hausse des frais d'inscription à l'université, selon le sondage.
Le plan de rigueur quadriennal annoncé mercredi prévoit 15 milliards d'euros de réductions budgétaires et de hausses d'impôts d'ici 2014, soit 9% environ du Produit intérieur brut (PIB). Les allocations chômage et familiales seront réduites, tout comme les retraites des fonctionnaires et le salaire minimum, et près de 25.000 emplois publics seront supprimés.
Il vise à ramener à 3% le déficit public irlandais, actuellement de 32% du PIB.