Un torpillage formaté : l’insoutenable légèreté d’une presse prétendument de gauche

Publié le par DA Estérel 83

EspoirA gauche avec Sego

 

 

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Dans sa livraison du lundi 18 avril 2011, et plus précisément dans ses pages France, le quotidienLibération s'applique avec une obstination zélée à ridiculiser la stratégie  de Ségolène Royal à l’approche des primaires. Les titres figurant sur la double page sont assez éloquents et ne laissent planer aucun doute sur les intentions de l'auteur des deux articles, Lilian Alemagna :  en page 11 cela donne : "À Pâques, Ségolène Royal tente  une résurrection", et en page 12  on a droit à : "Une candidate du peuple pas très  populaire".

Mais de quels outrages s'est-elle rendue coupable au juste ? D'avoir fait le choix délibéré de ne pas répondre aux sollicitations des médias ! Quelle "posture" impardonnable que de ne pas  avoir voulu cautionner le jeu mortifère des petites phrases qui tournent en boucle et dont se délecte tant un certain microcosme !

A-t-on le droit d'attendre autre chose des politiques ? Existent-ils, travaillent-ils en dehors du regard des médias ? Est-ce de l’ordre du pensable ? En fait, il faut qu'ils se présentent là où on les attend et qu'ils ne s'avisent pas de faire un pas de côté, il y a une nomenclature, un code à respecter, prière à peine voilée  de se guignoliser en quelque sorte pour espérer exister et avoir le privilège d’être convié dans le parc d'attractions.

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Dans Libération : Ségolène Royal au conseil national du projet du PS, le 9 avril dernier (Sébastien Calvet)

Aussi, dans ces conditions, la langue du marketing  publicitaire s'impose-t-elle pour envahir  les développements de l'article : les fidèles de l'ancienne candidat à la présidentielle, Guillaume Garot, Delphine Batho, n'interviennent que pour "vendre" son sérieux et sa crédibilité ou "plaider" des causes qui relèveraient plutôt de la chimère. L’intéressée au premier chef en est réduite à être installée toujours  sur le même créneau, dans "un profil de représentante" : en somme une VRP  de la souffrance du quotidien des Français.

Mais pourquoi s'accroche-t-elle à ce bastion alors que le "carré des fidèles" a fondu comme neige au soleil et que les sondages la donnent dans les choux ?

C'est là qu'éclate enfin la vérité toute brute  assenée par un supposé proche de DSK : "elle s'est créé son propre espace politique - petites gens, cités, banlieues ...". Au fond, ce n'est qu'un vulgaire personnage de téléréalité qui a eu l'imprudence de sortir un temps du "Loft", et, conséquence immédiate, la ménagère de moins de cinquante ans l’a sanctionnée, les  sondages ne s'y sont pas trompés : "sa cote ne décolle pas, elle tombe, stagne …",  c'est résolument scientifique, des arguments imparables !

En définitive ce qui choque dans cette énième entreprise de démolition, c'est ce  mépris sidérant pour l'action politique de Ségolène Royal ainsi que pour les gens auxquels elle s’adresse, cette hargne vipérine auto-satisfaite qui  imprègne la tonalité de chaque membre de phrase, il y a une véritable malveillance revendiquée qui relève presque de la délectation dans l'usage des clichés les plus éculés. Confondant, mais qui peut être dupe, au fond, de si évidentes manipulations ?!

 

Eric Sternhac

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Publié dans S.ROYAL

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