Ségolène Royal bien vivante malgré sondages et détournements d'images...
Contre Ségolène Royal, ils auront tout essayé même les sondages sur 171 personnes !
171 personnes, c'est en effet le nombre de répondants de ce sondage OpinionWay-Le Figaro-LCI-Fiducial épinglé par l'Observatoire des Sondages. Quand il faut entre 1000 et 2000 personnes pour réaliser un sondage fiable, comment nommer ce dernier produit de la firme OpinionWay?
Je vous laisserais seul juge en n'oubliant surtout de vous rappeler que ce sondage est fabriqué par OpinionWay avec les mêmes méthodes que la firme utilise depuis 2007 :
Echantillon non tiré au hasard, interrogé très régulièrement par internet et rémunéré pour ses réponses... La coupe est cependant suffisamment pleine pour que des citoyens aient décidé de porter cette Nième affaire devant la Commission Nationale des Sondages. Histoire de voir si la vérité et la probité ont encore une place dans le débat politique français.
A suivre donc.
Mais il y a aussi de quoi s'inquiéter pour le journalisme et la presse, comme le fait remarquer l'excellent Rosebud ce matin ici.
En effet, que l'on produise des sondages qui relèvent quasiment de la tromperie est une chose, mais que comment nommer ce que font donc les journalistes quand ce type de sondage est diffusé et commenté comme un fait avéré, un évènement auquel des témoins auraient assisté ? Surement pas du journalisme...
Dans ce genre si particulier, France 2 nous a aussi donné hier soir un bel exemple de ce qu'est devenu le journalisme dominant. La chaine publique a en effet diffusé un étonnant reportage qui met en parallèle des évènements de campagne de Ségolène Royal où la foule des militants et des caméras se presse à chaque fois avec une visite de marché à Royan, où la présidente de Poitou-Charentes se promenait sans caméra ni presse. « Aujourd'hui la candidate n'a plus besoin de demander à la presse de se pousser. » Et d'en conclure doctement que Ségolène Royal est seule, si seule, qu'elle serait finie, morte, au fond du trou...
Regardez, ce morceau d'anthologie, cette admirable contrefaçon, une démonstration que l'on peut tout dire et tout faire dire à des images :
Les mêmes, qui se complaisent dans ces commentaires de pseudo-sondages, qui réalisent ou se laissent imposer ces détournements d'images, se lamenteront encore souvent sur la crise du journalisme et de la presse. Que leur dire sinon qu'ils creusent eux-mêmes, jour après jour, un bien profond fossé entre eux et leur audience, entre eux et le peuple. Un fossé comme il en existe de si nombreux entre des élites et le peuple.
Ce fossé Ségolène Royal l'a sans doute identifié. Et on comprend qu'elle ne souhaite pas comme elle le dit à France 2 « se laisser balloter par les exigences d'un système médiatique qui réduit la politique à une succession de petites phrases », contribuant à creuser un autre fossé celui qui séparent les Français de la politique.
Le hasard de la vie, et les vacances, m'ont fait découvrir dans un grenier Cévenol, ce livre sur l'histoire du Journal Libération. Paru en 1979, « Il était une fois Libération », signé F.M. Samuelson, retrace l'épopée de la création du journal Libération, tout juste après 1968, à une époque qui rappelle par bien des aspects celle que nous vivons :
Une jeunesse enfermée dans de nombreux carcants que sont la précarité, la difficulté d'avoir voix au chapitre, un pays livré corps et bien aux forces de l'argent, une presse incapable d'exprimer les douleurs et les espoirs d'un peuple, de dire « la cause du peuple ».
Aussi quelle ironie de l'Histoire que de lire Libération aujourd'hui ! Et quelle tristesse de voir ce journal issu de la « Cause du Peuple » livrer un article indigent sur la pseudo tentative de résurrection de Ségolène Royal, manière de dire qu'elle serait morte. Comment ne pas sourire aux mots d'un « socialiste proche de Dominique Strauss-Kahn » qui explique à Libération doctement que Ségolène Royal « s'est créée son propre espace politique - petites gens, cités, banlieues...», cet espace politique qui devrait être celui du Parti Socialiste et de toute la Gauche !
Oui, il faut se battre, comme ailleurs sur la Planète, pour que le monde dans lequel nous vivons depuis de trop nombreuses années disparaisse, pour que renaisse l'espoir. Et oui, Ségolène Royal incarne mieux que quiconque cet espoir d'une jeunesse, d'un peuple qui n'en peut plus. On comprend mieux pourquoi il la préfèrerait morte et enterrée !