Serge Dassault disposait d'un bureau secret à la Présidence du Sénat

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart

 

 

Serge Dassault va-t-il être la première victime de la présidence du socialiste Jean-Pierre Bel au Sénat? Le sénateur UMP de l'Essonne a certes conservé son fauteuil aux élections du 25 septembre, mais Mediapart a découvert que l'élu disposait depuis 2008 d'un local personnel au sein de la présidence du Sénat, en plus du bureau classique alloué à chaque sénateur.

 

 

La résidence du Petit Luxembourg, où Serge Dassault disposait d'un bureau personnelLa résidence du Petit Luxembourg, où Serge Dassault disposait d'un bureau personnel

 

Le prédécesseur de Jean-Pierre Bel, Gérard Larcher (UMP), lui avait attribué un emplacement prestigieux au sein de sa propre résidence, le Petit Luxembourg, de plein pied sur la cour.

 

Gérard Larcher n'a pas répondu à nos questions sur les raisons de ce privilège accordé à l'homme d'affaires. Mais Serge Dassault nous a confirmé lui-même l'information, précisant que ce bureau lui avait été réservé par Gérard Larcher en tant que doyen de l'Assemblée. Espère-t-il le conserver? «Je verrai avec le nouveau président.» 

 

Serge Dassault reconnaît qu'aucun local de ce type n'était accordé, les années précédentes, à l'élu le plus âgé de l'hémicycle.

 

Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes (la ville du sénateur), qui était aux côtés de l'avionneur quand nous l'avons interrogé samedi 1er octobre, prétend que ce privilège a déjà existé à un moment, avant d'être interrompu de 2002 à 2008. Plusieurs membres du cabinet de Christian Poncelet, président du Sénat de 1998 à 2008, nous ont démenti cette assertion: selon eux, aucun doyen n'a jamais eu de privilège de ce type sous Christian Poncelet.

 

Le bureau, que Mediapart a pu visiter, est à présent vide. Qu'y faisait Serge Dassault? Le propriétaire du Figaro et patron de GIM Dassault (la holding aux manettes de Dassault aviation) assure qu'il y préparait les séances du Palais du Luxembourg. En 2011, le sénateur est intervenu lors de cinqséances seulement . A-t-il pu s'en servir pour d'autres activités, profitant du prestige des lieux?

Le cumul et le mélange des genres est largement toléré au Sénat. Le Conseil constitutionnel lui-même, en 2009, est allé jusqu'à donner son blanc-seing à l'avionneur: saisi par le bureau du Sénat du cas personnel de Serge Dassault, il aestimé que la loi sur les «incompatibilités» parlementaires, qui interdit à un élu de diriger une entreprise vivant principalement des commandes de l'Etat, n'interdit pas de diriger une holding dont les filiales vivent principalement des commandes de l'Etat.

Le sénateur devrait sauver sa double activité. Pas son bureau meublé.

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Publié dans Politique

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