Ségolène Royal refait surface dans les médias
Face à son recul dans les sondages, elle a décidé de sortir du silence qu'elle s'était imposé depuis des mois.
Ségolène Royal, qui anime l'association Désirs d'avenir, attire toujours autant caméras et micros, surtout quand elle se prête au jeu. Après une cure de sobriété ces derniers mois, elle a fait publiquement savoir cette semaine qu'elle était « toujours là », grâce à des apparitions millimétrées, lundi à BFM TV, mercredi à RTL, jeudi sur TF1 et au forum sur la fiscalité organisé par « Le Nouvel Observateur » qu'avait justement « squatté » son association Désirs d'avenir.
Abstinence médiatiqueSelon Jean-Louis Bianco, député des Alpes-de-Haute-Provence et membre de sa garde rapprochée, elle s'était imposé une cure d'abstinence médiatique pour ne pas être handicapée. Non parce que l'absence fait renaître le désir, mais pour se protéger des questions sur les chicayas au sein du PS qu'on ne cesse de lui poser : « Elle va souvent à la rencontre des Français pour discuter de leurs problèmes avec eux, et elle est systématiquement interrogée sur Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande. »
Et sa petite équipe « se réunit toujours le mardi autour d'elle », poursuit ce fidèle de la première heure depuis qu'ils travaillaient ensemble à l'Élysée. Quant à Désirs d'avenir, elle est plus active que jamais. Après des mois de travail discret, pendant lesquels son Université populaire participative (UPP) lui a permis de nouer des contacts plus approfondis avec des journalistes influents, des intellectuels et des chercheurs, et tout en labourant des sujets cruciaux comme les relations Europe-Afrique, la crise de l'euro, l'université, l'influence des marchés financiers sur le travail, la justice et la fiscalité, Ségolène Royal a ainsi décidé de refaire surface.
La concurrence l'a fait réagirCar il ne faut pas pour autant disparaître des écrans radars, surtout quand la concurrence progresse à pas de géant.
Cela a été le cas de François Hollande, qui a été dopé par son succès récent en Corrèze et qui vient de creuser l'écart avec elle. Elle a beau dénoncer la « manipulation des sondages », tous ceux qui la connaissent savent que c'est sa préoccupation quotidienne. D'où une réapparition tous azimuts au moment où Nicolas Sarkozy a décidé de quitter le terrain de la sécurité pour celui de l'économie.
On a vu Ségolène Royal demander ainsi le blocage des prix de 50 produits de première nécessité, s'indigner contre l'augmentation du prix de l'électricité, réclamer la « révolution fiscale ». « Cela n'a rien de populiste, réagit Jean-Louis Bianco, c'est plutôt une réponse à ce que demandent les Français, et c'est tout à fait réalisable. »