Ségolène Royal aurait disparu...
Cap sur 2012 ! Tels des spectateurs de courses impatients, agacés par ces trop nombreux tours de chauffe, les médias nous ont annoncé qu’on pouvait enfin se consacrer tout en entiers à la grande campagne de 2012.
Et les ingrédients d’un suspense fantastique sont tous là : un Monarque déstabilisé; un Mélenchon requinqué; une Aubry qui s’envole ; un DSK qui va atterrir ; un Hulot qui se tate et une Marine qui risque d’emporter la mise.
Ce combat qui n’a pas eu lieu aurait déjà fait deux victimes, Ségolène Royal et Eva Joly.
La seconde est jugée inaudible, pas assez écolo, trop mal à l’aise dans les pince-fesses électoraux pour convaincre.
Mais on s’attarde plus souvent sur la première. Les sondages, tous évidemment concordants, la donnent perdante, voire, pire, responsable d’une défaite impossible si jamais elle s’obstinait à être candidate et qu’elle emportait les suffrages des primaires.
Les mêmes sondages, incroyables, ne mesurent pas l’abstention, ni le vote blanc.
Dans les deux cas, Joly ou Royal, les analyses et commentaires ratent l’essentiel. La France citoyenne est coupée de sa frange politique.
« Tu soutiens encore Ségolène ? » me demande-t-on de temps à autre. Et je réponds, invariablement, « n’a-t-on pas besoin de rupture ? »