Ségolène Royal, 5 propositions
Ségolène Royal a écrit à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Elle leur a fait 5 propositions. Je préfère souvent le texte original aux commentaires médiatiques. Les voici donc, in extenso. La candidate à la primaire socialiste a largement occupé le terrain ces dernières semaines. Même ses pires contempteurs l'ont reconnu. Et cette occupation n'était pas vaine. Elle a témoigné d'une candidature réfléchie.
Ces propositions européennes se distinguent des agitations démagogiques de Nicolas Sarkozy. Elles sont, pour le coup, concrètes et précises. Elle replace les parlements au coeur du processus démocratique. Au passage, Ségolène Royal rappelle qu'une taxe sur les transactions financières, l'une des mesures annoncées par Sarkozy et Merkel le 16 août, a déjà été voté en mars dernier.
1 – Mise en place d’un ministre franco-allemand des finances, chargé de faire converger rapidement les points de vue actuellement en débat pour soumettre une proposition de réforme au vote des parlements.
2 – Création d’un vrai gouvernement économique de la zone euro chargé, sous le contrôle des Parlements, d’arrêter les stratégies budgétaires et fiscales (notamment la justice fiscale et la lutte contre les déficits), en échange de quoi les eurobonds (qui permettraient aux Etats de la zone euro, en étant unis face aux marchés financiers, de faire baisser les taux d’intérêt et donc la spéculation et les dettes) seront émis pour prendre en charge une partie de la dette.
3 – Interdiction aux établissements bancaires de spéculer sur les dettes publiques par la mise en place d’une réglementation efficace.
4 – Plan de relance de l’activité économique des entreprises, notamment des PME, financé par la taxe sur les mouvements de capitaux que le Parlement européen a votée le 8 mars 2011.
5 – La convocation des parlements français et allemands qui pourraient siéger le même jour pour donner une force symbolique à notre volonté commune d’avancer, permettrait de mettre en œuvre ces propositions, en les enrichissant par le débat démocratique, indispensable à l’adhésion des peuples.