Sarkozy aime Mélenchon… qui ne le lui rend pas
par Dante
La technique est éprouvée : flatter l”un pour dénigrer l’autre. Elle est de bonne guerre mais fera long feu.
Depuis des jours et des jours, la droite n’a jamais eu de mots si doux pour Jean-Luc Mélenchon. Plus il monte, plus elle tente de le faire monter, comme si elle avait d’ailleurs le moindre pouvoir en la matière.
C’est un festival de compliments : Mélenchon est tour à tour juge intéressant, populaire et festif. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs commencé en reprenant l’un de ses mesures : la taxation des exilés fiscaux, tentant ainsi de faire coup double : séduire la France du non. Mais la France du non de Mélenchon n’est pas celle de de Villiers ou de le Pen. Et si aujourd’hui, le candidat UMP voit dans l’elan du leader du front de gauche une issue pour son propre sort au second tour, il se trompe doublement.
D’abord parce que le Front de Gauche n’est pas le Front National et que tenter de l’utiliser en boutefeu du PS comme le fît en son temps Mitterrand avec le Front National est une hérésie.
D’ailleurs, Mélenchon le dit et le répète, ainsi que l’Humanité dans son édito de ce matin : il ne se trompera pas d’adversaire au second tour. Il y a une différence entre les concurrents à gauche et l’UMP/ véritable ennemi jure.
Ensuite, la progression de Mélenchon, n’est pas inquiétante en soi. Si elle rogne un peu le premier tour de Hollande et donne la désagréable impression d’un recul, elle est une très bonne nouvelle pour le second tour, et au contraire, assure un élan qui peut faire passer haut la main la barre des 50% au candidat socialiste. Répétons le encore une fois ici, les ressorts du second tour restent inchangés.
Enfin, cette Mélenchonite aiguë de l’UMP ne pourra pas masquer l’équation insoluble du candidat Sarkozy pour le second tour. Il aura beau compter et recompter, ses réserves de voix sont faibles avec ce total gauche quasiment homogène à 41 % pour Hollande au soir du 22 avril et son petit 30 /31 % à lui.
Bien sur, la politique n’est pas de l’arithmétique mais lorsque les tendances s’additionnent et se renforcent ainsi, nul besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que la partie est fort mal engagée et qu’elle risque de restée inchangée jusqu’au bout.
