La campagne n’est pas nulle.
Certains regrettent qu'aucun candidat ne parvienne à emballer les foules. Même Jean-Luc Mélenchon, dont tout le monde loue désormais les qualités de tribuns, fait de bons meetings dans une petite campagne.
Pour ma part, je ne considère pas la campagne comme nulle. Loin de là.
1. Evidemment, il y a des sujets d'agacements ou d'énervements: déshabitués à parler du fond, les commentateurs cherchent l'embrouille, sur-discutent des tactiques, des effets de scène, des manipulations médiatiques. C'est la loi du genre et notre devoir, de temps à autre, est de rappeler l'hypocrisie de ce théâtre.
2. Evidemment, aucun candidat n'a le slogan facile, la formule magique qui emporterait spontanément l'adhésion. Nous sommes en 2012. Le monde est en crise, notre pays est crise.
Ma génération est née avec le chômage de masse. Cela fait belle lurette que les "formules" ne prennent plus. L'élection de Nicolas Sarkozy en 2007 était la dernière du XXème siècle. Sarkozy avait bluffé quelques millions d'électeurs incrédules avec deux ou trois slogans sans méthode ni réflexions. Il est pitoyable d'entendre aujourd'hui certains éditocrates regretter cette période d'imposture. Qu'ont-ils donc appris ? Rien.
3. Il faut donc travailler, réfléchir, écouter, décrypter. Les arguments doivent être plus longs qu'auparavant. La méthode a son importance. Il faut résister aux propositions simplifiées.
Mercredi après-midi, François Hollande a lancé: "Le candidat-sortant dit "aidez-moi". Moi je ne vous demande pas de m'aider. Ce que je veux, c'est que vous vous aidiez vous-mêmes."
S'aider soi-même, c'est comprendre que l'action ne se résume plus en des "y-a-qu'à/faut qu'on" péremptoires et mensongers.