Sarkozy à Lyon : Lettre ouverte à Nicolas

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

Par Dante

Il osera tout. Il tentera tout. Il crachera tout. Car c’est un cracheur de feu qu’on a vu, à Lyon. Une sorte de gorgone masculine, débitant ses insultes, le visage grimaçant, écoutant les acclamations de la salle, et les huées lorsqu’il pilonne François Hollande, et les syndicalistes qu’il a fait recevoir à coup de lacrymo jeudi devant son QG à Paris.

 
Les maudits corps intermédiaires. Honnis, détestés, tout ce qui fait écran entre lui et le peuple. Nous rappèlerons que ces corps intermédiaires sont les garants de la démocratie et lorsqu’ils disparaissent, nous approchons lentement mais sûrement d’un régime, si ce n’est dictatorial, au moins monarchique.


Quelle pulsion anime  désormais le candidat de l’UMP ? 

À le regarde grimacer, tout en muscle, tout  en énergie d’un taureau de combat, furieux, haranguant la foule sur Hollande traître irresponsable, cynique et menteur, on a l’impression de revoir le Sarkozy de Bercy, en mai 2007, exhortant ses troupes à liquider mai 68, une grande messe brutale, à la testostérone, renforcant l’inquiétude sur ce que l’on pressentait déjà  du personnage.

Maintenant, nous savons.

Aujourd’hui, le revoilà, maniant les mots comme des sabres. Il y a plusieurs sabres. Les sabres du mal, qui tranchent l’adversaire et les sabres du bien, qui tranchent l’obscurité. En ce domaine, Nicolas Sarkozy ressemblait plus à Dark Vador qu’à Luke skywalker.


Une force qui détruit, segmente, pulvérise, divise.

L’essence du bien étant d’unir, celle du mal de diviser. Et il ne fait que cela. Diviser, broyer, sabrer ce qui lui résiste. En appeler au pire en nous même. Les pulsions les plus destructrices, les plus étriquées, les plus violentes.

A-t-on jamais entendu Sarkozy parler d’humanisme, aborder avec subtilité une question fondamentale, jamais. Avec lui une porte est ouverte ou fermée. Avec lui, on est pour ou contre, on est avec lui ou contre lui. Aucun espace pour respirer, se poser, dialoguer.

Avec lui, tout est top-down, du chef au peuple et du peuple au chef.

Il fallait le voir, à la tribune, ivre de lui-même et presque pathétique  car mon petit bonhomme, cette fois, tu ne nous referas pas le coup.

Et comme tu te permets de tutoyer le peuple de France, me voilà te tutoyant en retour.

Tu ne nous sidèreras pas avec tes mots valises, et tes phrases tonitruantes qui affirment une chose au début et la contredisent à la fin. 

Non, tu ne nous empoisonneras pas le cœur avec ce tournis verbal cette logorrhée syncopée que te sert au km Henri Guaino. Ces répétitions “je n’ai pas de leçon à recevoir” comme  un mauvais mantra. Le mantra de l’obscurité.

Non, tu ne nous feras pas sombrer du côté obscur de ta force, de ta vision du monde ou le fort écrase le faible, ou le pognon est le maître étalon, ou la vulgarité l’emporte sur le raffinement.

Je te voyais marcher hier, dans les couloirs du grand journal, les jambes légèrement écartées, les épaules roulant un peu. Et j’avais presque honte de cette démarche.

Non, tu ne nous referas pas le coup de ces coups de butoirs émotionnels, de ces mises en scène façon péplum, chargées de frapper nos esprits, de nous inoculer cette contre-vérité : la force peut tout.

Non ta force ne peut rien, en tout cas pas celle-là. La force n’est rien sans la justice. Elle n’est rien sans le désir de paix qui doit l’animer. Elle n’est rien sans la bonté. Elle n’est rien sans la clairvoyance.

Ta force brute ne peut plus rien et que tu le veuilles ou non, tu n’es plus qu’une sorte de petit garçon capricieux qui s’agite à une tribune pour garder son jouet.

Car c’était bien cela, n’est ce pas, la France pour toi ? Un jouet. Tu le voulais. Tu l’as eu et qu’en as tu fait ? Rien. Tu aurais pu, avec ton énergie phénoménale, tout changer, tout bouger. Construire, edifier, de policer, murir, grandir. Mais non. En fait seul t’interessait la conquête, pas l’exercice du pouvoir. Tu nous as pollué avec ta psychanalyse à ciel ouvert, tes tourments avec tes femmes, tes états d’âmes, tes amours.

Que les dirigeants passés présents et futurs comprennent que nous ne voulons pas savoir. Non, nous ne voulons pas savoir ce qu’ils éprouvent ressentent, qui ils aiment et pourquoi ? Nous sommes à l’overdose de leurs sentiments personnels, à la nausée de leur crise d’adolescents attardés, de leur romance à l’eau de rose qui nous prennent en otage, c’est valable pour toi, président, mais pour tous.

Ton désir, ton plaisir, tes blessures secrètes, on s’en moque, comme celles des autres d’ailleurs. Rendons grâce à François Hollande de ne pas nous infliger ses états d’âme. On perd peut être en héroïsme mais on gagne en relation saine.

Voilà, Nicolas, ta force ne nous hypnotisera pas, ne déclenchera pas en nous ce que tu veux qu elle déclenche. La jouissance des forts sur les faibles, le sentiment d’ivresse et de gloire.

Nous ne voulons pas de ta force obscure. Nous voulons la bienveillance, la compassion, la justice et le respect. Tout le reste est dérisoire parce qu’excessif. Tu m’as fait penser hier à ce vieil enfant capricieux, ridicule et épuisant. Casse toi, pov môme.

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Publié dans SARKOZY

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T
Ce n'est pas de la force, c'est de la farce. Ce président relève du rayon farces et attrape-nigauds.
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