Hollande réplique coup par coup à Sarkozy
Sur TF1, le candidat PS a accusé Nicolas Sarkozy de présenter le "visage de l'outrance", faute de pouvoir s'appuyer sur son bilan. Une attaque en règle qui sonne comme une réplique au discours de Lyon du candidat sortant, quelques heures plus tôt.
François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a accusé Nicolas Sarkozy samedi sur TF1 de présenter le "visage de l'outrance", faute de pouvoir s'appuyer sur son bilan.
Dopé par une première volée de sondages favorables, Nicolas Sarkozy a encore durci le ton de ses critiques contre François Hollande samedi en agitant pour la première fois le spectre des "conséquences dramatiques" d'une victoire de la gauche.
Le visage de l'outrance...
"Nicolas Sarkozy est dans un combat qui relève de la fuite en avant", a déploré le député de Corrèze, reprochant à son adversaire de ne pas avoir encore présenté de "propositions structurées" et de se contenter d'"improvisations qui peuvent à un moment créer un débat".
"Comme il ne peut pas présenter un projet, il présente un visage qui est celui de l'outrance" et se trouve "dans une situation qui relève du combat de la dernière heure", a ajouté M. Hollande. "Je ne suis pas dans l'anti-sarkozysme, c'est le candidat-sortant qui devient, si je puis dire, un anti-Hollande", a-t-il relevé, fustigeant un président sortant qui est allé "loin dans le renoncement aux promesses".
... en réplique au meeting de Lyon
La veille, lors d'un meeting à Lyon, Nicolas Sarkozy avait tenu un discours particulièrement virulent à l'égard de son adversaire. "François Hollande ne respecte pas les Français quand il est libéral à Londres et socialiste à Paris", a-t-il ainsi lancé à ses supporters. "On ne peut pas indéfiniment ne parler de rien, ne s'engager sur rien. On ne peut pas sans arrêt fuir la discussion, fuir le débat, fuir la confrontation, maquiller les enjeux", a-t-il encore critiqué.
Pendant de longues minutes, Nicolas Sarkozy a pilonné la gauche tous azimuts. D'abord la politique anti-criminalité de Lionel Jospin (1997-2002) qui, a-t-il asséné, a provoqué "l'explosion de la délinquance". Et puis la volonté de François Hollande de bloquer les loyers ou le prix de l'essence. "A quand l'interdiction des licenciements' A quand l'interdiction des délocalisations'", a ironisé le chef de l'Etat, "tout cela serait risible si ça ne risquait pas d'avoir des conséquences dramatiques".
Des attaques en règle que François Hollande, qui a jusque là plutôt choisi d'esquiver les polémiques avec son rival, n'a pas voulu laisser passer une fois de plus.