Royal appelle à «rétablir la République du respect»
18/09/2010
«Nous sommes à moins de deux ans du changement». Lors de sa troisième édition de la Fête de la fraternité, Ségolène Royal a lancé samedi à Arcueil un appel à «résister et à contribuer au redressement de la France». L'ex-candidate PS à la présidentielle a proposé un «pacte de confiance pour l'emploi des jeunes», devant environ 2500 à 3000 personnes.
Proposant de «rétablir la République du respect», elle a accusé: «la France est en de mauvaises mains, elle est martyrisée par un gouvernement manipulateur». «C'est bien leur politique qui injurie, blesse, outrage et humilie la France», a poursuivi celle qui ne se reconnaît «pas dans l'abaissement que nous impose Nicolas Sarkozy sur la scène mondiale».
Pour Ségolène Royal, «redresser la France, c'est sortir la France du chômage». Elle a proposé «la mise en place d'un pacte de confiance pour l'emploi des jeunes» et de faire de «cette lutte contre le chômage des jeunes, une grande cause nationale».
S'adressant particulièrement à la jeunesse des quartiers populaires «venue voter pour (elle) massivement en 2007» et qui, aujourd'hui, «se retrouve à l'abandon d'un pouvoir qui n'a tenu aucune promesse», elle l'a exhortée à«travailler dur et d'abord à l'école».
Ségolène Royal a fait six propositions économiques notamment celle de«conditionner les aides publiques à l'interdiction de délocaliser quand il y a des profits» qu'elle avait déjà défendue.
«On peut rassembler au-delà de la gauche et tous les républicains», a ajouté la socialiste. Réaffirmant son appel à l'unité lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, elle a déclaré: «Unis nous demeurerons. Nous serons ensemble en dépit de toutes les tentatives pour nous diviser».
La Fête avait été annoncée et voulue comme « hyper-unitaire, avec toute la famille socialiste élargie». Etaient annoncés samedi Claude Bartolone, pour représenter Martine Aubry, Manuel Valls, député-maire d'Evry et candidat déclaré pour 2012, le député Arnaud Montebourg, qui fut son porte-parole en 2007, ainsi que l'avocat Jean-Pierre Mignard, ancien président de Désirs d'avenir.
Jean-Luc Mélenchon est aussi de la Fête. Le président du Parti de gauche «a défendu la même idée que moi d'un référendum des retraites», rappelle Ségolène Royal, qui défend «l'ardente obligation de rester unis et de dépasser l'antisarkozysme».
«Je ressens ce moment comme une contribution au mouvement collectif qui doit permettre l'alternance», avait déclaré plus tôt Ségolène Royal, qualifiant la Fête de «force tranquille», en référence au slogan de François Mitterrand aux présidentielles de 1981.
Du chemin a été parcouru depuis sa première fête décoiffante au Zénith, en 2008 qui, mêlait show-business et politique. Elle qui voulait alors prendre le parti avait raillé les «gentils coups bas», «les tendres attaques».
A Montpellier en 2009, Ségolène Royal, isolée au parti, lâchée par ses lieutenants, appelait au «dépassement du PS». La polémique avec la direction était ravivée par un livre brulôt sur le désastreux congrès de Reims.
L'ex-candidate à l'Elysée a renoué les liens avec Martine Aubry. Elles se voient régulièrement, se parlent, se consultent et ont même déjeuné ensemble mardi avec les présidents de région socialistes.
Cette édition de la Fête de la fraternité est la dernière avant les primaires pour la présidentielle: Royal a mis sous le boisseau sa candidature, mais «ne lâche rien», selon un dirigeant socialiste, même si dans les sondages, DSK et Aubry la devancent toujours.