Rocard: Estrosi tente une contre-attaque

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1 Par Régis Soubrouillard - Marianne | Lundi 9 Août 2010



Invité au micro d'Europe 1, Christian Estrosi, a tenté de répondre aux virulentes critiques adressées par Michel Rocard à la politique sécuritaire de Sarkozy. Gêné de devoir répliquer à un adepte de la main tendue, le Ministre de l'Industrie ne s'est guère montré convaincant, jusqu'à en perdre les pédales en fin d'interview, estimant que les résultats du gouvernement en termes d'emplois étaient excellents...



l n’y aura pas de trêve estivale. L’été politique sera chaud. Dans les hebdos, dans les radios, dirait la chanson. En pleine  offensive sécuritaire sarkozyste, l’ancien premier ministre, Michel Rocard, choisissait Marianne pour dénoncer la « politique de guerre civile » à visées électoralistes mise en place par Nicolas Sarkozy.   

Une pilule que l'UMP a du mal à avaler. Rocard est une voix qui porte…jusqu’à droite. De ceux qui qualifiaient il y a tout juste deux ans le président de la République « d’homme de droite ouvert, pas sectaire », répondaient aux mains tendues de l’ouverture en estimant possible l’union entre la droite réformatrice et la gauche non révolutionnaire. Difficile de le traiter comme un vulgaire opposant. 

Même l’ancien champion de moto, reconverti Ministre de l’industrie, semblait K.O., comme après un beau gadin après ce coup que son camp n’avait pas vu venir. Tout en circonvolutions, Estrosi tente de calmer le jeu : « Michel Rocard est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et que je respecte, par ailleurs. Mais cela fait près de 20 ans qu’il n’est plus maire d’une commune où on a des problèmes. Le monde a changé. Monsieur Rocard devrait s’en rendre compte ». On n’ose croire que Nicolas Sarkozy ait pu confier la mission sur la taxe carbone, la coprésidence de la « commission de réflexion sur les priorités de l’emprunt national » et nommé ambassadeur itinérant pour les négociations internationales sur les pôles, un homme dépassé.
 
Estrosi farfouille vaguement dans ses souvenirs politiques histoire de tenter une contre-attaque. Le résultat est maigrelet : « Mitterrand était cynique, Jospin était naïf, Aubry est déconnectée. Monsieur Rocard, qui est à la retraite, est déconnecté avec cette réalité selon laquelle entre le jour où il a quitté sa fonction de maire et où il n’a plus exercé de fonctions politiques, la France a changé ». Certes.



L'EMPLOI: LA FAUTE DE TROP...

Abordant l’épineuse question de la déchéance de nationalité, le Ministre de l’Industrie a levé le voile sur ses conditions d’application : « si vous êtes en France depuis 3 ans, 5 ans ou 10 ans et que vous refusez un certain nombre de principes et violez la loi en permanence, c’est inacceptable. Bien évidemment quand on est français de première génération et que cela fait 30 ou 50 ans qu’on a exercé des responsabilités sociales et professionnelles, on n’est pas concerné.  Il appartiendra au parlement de définir un seuil. Mais nous sommes sortis d’une espère de pensée unique que tout le monde a entretenu. Nous disons : Français ou voyou, il faut choisir ». 

Christian Estrosi a également apporté un soutien prudent aux propositions de l'un de ses proches, le député UMP des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, qui envisage des peines de prison allant jusqu'à deux ans pour les parents de délinquants mineurs. Eric Ciotti fait preuve de « courage », a estimé le ministre. « Il ouvre un débat car certains parents instrumentalisent leurs enfants et leurs familles pour commettre des actes délictueux », nuançant son propos: « ce sera la décision ultime. Une fois qu’il n’y aura plus rien à tirer de parents qui se refuseront définitivement à essayer d’accompagner l’Etat et la collectivité dans la nécessité de remettre leur enfant dans le droit chemin ».

A trop jouer la montre, Christian Estrosi aura oublié un détail. Sur Europe 1, les interviews durent 10 minutes (contre 8 seulement sur RTL). C’est dans le dernier virage, que le Ministre, sur son terrain de prédilection a fait la plus grosse faute.  Interrogé par Thierry Guerrier sur la stratégie de diversion sécuritaire de l'UMP, Estrosi se voit très beau et ose l’impensable : « Je n’ai vraiment pas besoin qu’on m’offre une diversion. Au contraire, j’aimerais qu’on me permette de m’exprimer plus souvent sur les excellents résultats qui sont les nôtres et les effets que la politique que le président de la République a mis en place sont en train de produire pour 2010 ». 
Habile subterfuge. Il est, à ce jour, impossible de se prononcer sur l’efficacité des mesures gouvernementales pour 2010. En 2009, 255.000 emplois ont été supprimés en France.      

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Publié dans Politique

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