Référendum grec : le « Canard Enchaîné » à Davos ?
Que la quasi unanimité des élites mondiales de la politique, de la banque et des médias ait pourfendu l'annonce d'un référendum grec par le Premier ministre Papandréou était prévisible. En revanche, relève notre chroniqueur associé Roland Hureaux, qu'un hebdo comme le « Canard enchaîné » se joigne à ce concert de réprobation, ça l'était moins...
En ce « temps des oligarchies », pour parler comme Alain Cotta, le fait que la quasi unanimité des élites mondiales, de la politique, de la banque, des médias, ait accueilli comme un scandale la proposition du premier ministre grec Georges Papandréou, de consulter son peuple par référendum sur le dernier plan d’austérité que l’on veut imposer à son pays, tout cela n’a rien d’inattendu. Que le président français se soit étouffé d’indignation face à un projet qui remettait en cause le dernier accord si laborieusement ficelé avec la chancelière allemande pour sauver l’euro, qui s’en étonnera ?
Mais que le Canard enchaîné, dans son éditorial du 2 novembre, se joigne à ce concert de réprobation, au point de comparer le recours au peuple à la roulette russe, on se dit que décidément Rome n’est plus dans Rome !
« La volonté du peuple s’imposera à nous » dit le premier ministre grec : qui le lui reprocherait ? « Mais avant même de savoir si la volonté du peuple sera un oui ou un non, le simple fait de poser la question a déjà eu des effets ravageurs » poursuit l’éditorialiste. Sans doute, mais ravageurs pour qui ? Pour les marchés. Diable : la politique se ferait-elle à la corbeille ? « Papandréou joue un jeu extrêmement périlleux », est-il dit un peu plus loin, comme si la démocratie était un jeu dangereux.
Mais que le Canard enchaîné, dans son éditorial du 2 novembre, se joigne à ce concert de réprobation, au point de comparer le recours au peuple à la roulette russe, on se dit que décidément Rome n’est plus dans Rome !
« La volonté du peuple s’imposera à nous » dit le premier ministre grec : qui le lui reprocherait ? « Mais avant même de savoir si la volonté du peuple sera un oui ou un non, le simple fait de poser la question a déjà eu des effets ravageurs » poursuit l’éditorialiste. Sans doute, mais ravageurs pour qui ? Pour les marchés. Diable : la politique se ferait-elle à la corbeille ? « Papandréou joue un jeu extrêmement périlleux », est-il dit un peu plus loin, comme si la démocratie était un jeu dangereux.
APRÈS LA DÉMOCRATIE
L’idée que l’effondrement de l’euro serait aussi celui de l’Europe, voire de l’économie mondiale, qui permet de justifier une classe politique qui a misé toute sa crédibilité sur lui, est sans doute contestable. Il est probable que le jour, inéluctable, où l’euro éclatera, le ciel ne nous tombera pas, comme on nous l’annonce à tout va, Dieu merci, sur la tête. Mais quoi qu’on pense à ce sujet, le recours à une procédure démocratique devrait être sacro-saint, pas seulement pour un vieil hebdo républicain comme le Canard. Surtout venant d’une capitale, Athènes, qui a été la matrice de la démocratie européenne.
Il faut croire que nous sommes vraiment, comme le prophétisait Emmanuel Todd « après la démocratie », que la force aspirante des oligarchies mondiales a anéanti toute résistance. Déjà le non français du 29 mai 2005 à la Constitution européenne avait été désavoué par le gouvernement Sarkozy et des assemblées aux ordres sommées d’approuver la dite constitution repeinte sous le nom de traité de Lisbonne. Au dernier forum de Davos, un banquier anglo-saxon brandissait le spectre du populisme. Qu’entendait-il par là ? Un renforcement de la réglementation bancaire ! L’horreur ! Pour l’oligarchie, le peuple est décidément de plus en plus salissant.
Même s’il dérive en fondamentalisme, le réveil des peuples est bien accueilli par nos oligarchies dès qu’il se produit sur la rive sud de la Méditerranée. Sur la rive Nord, non seulement, il n’est pas question d’un tel réveil, mais évoquer seulement la possibilité de les consulter constitue une irresponsable provocation ! L’efficacité avec laquelle on a obtenu que Papandréou rentre dans le rang et retire son idée de référendum fait froid dans le dos.
Il faut croire que nous sommes vraiment, comme le prophétisait Emmanuel Todd « après la démocratie », que la force aspirante des oligarchies mondiales a anéanti toute résistance. Déjà le non français du 29 mai 2005 à la Constitution européenne avait été désavoué par le gouvernement Sarkozy et des assemblées aux ordres sommées d’approuver la dite constitution repeinte sous le nom de traité de Lisbonne. Au dernier forum de Davos, un banquier anglo-saxon brandissait le spectre du populisme. Qu’entendait-il par là ? Un renforcement de la réglementation bancaire ! L’horreur ! Pour l’oligarchie, le peuple est décidément de plus en plus salissant.
Même s’il dérive en fondamentalisme, le réveil des peuples est bien accueilli par nos oligarchies dès qu’il se produit sur la rive sud de la Méditerranée. Sur la rive Nord, non seulement, il n’est pas question d’un tel réveil, mais évoquer seulement la possibilité de les consulter constitue une irresponsable provocation ! L’efficacité avec laquelle on a obtenu que Papandréou rentre dans le rang et retire son idée de référendum fait froid dans le dos.
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