Réassureurs des marchés

Publié le par DA Estérel 83

Prof Pol

 

Ce n’est pas l’euro que l’on a sauvé à Bruxelles, mais une nouvelle fois les banques.

Euphorie boursière après le plan de 750 milliards de soutien à l’euro ! À tel point que Christine Lagarde a dû prendre soin d’anticiper sur le reflux de cours en annonçant que la réponse des marchés était excessive. Preuve, s’il en était encore besoin, que la spéculation se nourrit de la situation. Les mesures des gouvernements et surtout celle de la BCE – qui s’est dite prête à acheter des obligations publiques pour calmer les marchés – sont venues donner aux marchés l’ultime garantie qu'ils pouvaient désormais financer les déficits de n’importe quel membre de la zone sans aucun risque. Protégées par la défense de l’euro, les banques vont pouvoir faire tourner leur salle de marché à plein régime. Le festin à venir a été aussitôt salué par une hausse de 10 % du CAC et par la plus forte hausse de l’année à Wall Street. 
Car ce n’est pas l’euro que l’on a sauvé à Bruxelles, mais une nouvelle fois les banques. À l’image de BNP Paribas, qui avoue être directement exposée à la dette souveraine de la Grèce à hauteur de 5 milliards d’euros, et pour au moins 3 milliards d’engagements commerciaux sur des entreprises privées grecques. Une banque qui a vu son résultat bondir de 46 % au premier trimestre, à 2,283 milliards, dont 80 % liés à des activités de marché… Comment résister à de telles opportunités ? Et BNP Paribas aurait tort de laisser ses concurrents bénéficier d’une telle situation. Il faut seulement que les États admettent qu’ils sont devenus de fait "réassureurs" des marchés sur fonds publics et que contrairement à ce qui avait été dit en des temps lointains, la politique de la France, comme celle du monde, se fait désormais à la corbeille.

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Publié dans Politique

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