Quelle République «irréprochable» ?

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Les derniers événements démontrent que Nicolas Sarkozy perpétue la tradition du fait du Prince, mais aussi qu'il n'hésite pas à recourir à des moyens douteux, voire illégaux, pour neutraliser ses ennemis.

 

Dominique Paillé ex-porte-parole de l'UMP et soutien déclaré de Jean-Louis Borloo débarqué sans ménagement après huit mois de présidence de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture sous Jacques Chirac prié de quitter fissa, pour cause de limite d'âge (65 ans) la présidence du château de Versailles pour céder la place à l'ancienne journaliste et conseillère de Nicolas Sarkozy.

Deux mouvements qui pourraient apparaître marginaux dans la liste des nominations à la tête de quelque 350 établissements publics réservées au Chef de l'État et/ou au Conseil des ministres. Sauf que Jean-Jacques Aillagon, dont l'action à Versailles est louée de toute part, n'avait aucunement l'intention de partir et qu'il pourrait se prévaloir de la loi votée en mai dernier sur «le maintien en fonctions au-delà de la limite d'âge de fonctionnaires» nommés par le gouvernement.

Une loi taillée sur mesure pour permettre le maintien en fonction de l'ancien grand flic Christian Lambert intronisé par le Chef de l'État en personne comme nouveau préfet de Seine-Saint-Denis. Sauf encore que le successeur pressenti pour succéder à Dominique Paillé n'est autre que l'avocat Arno Klarsfeld, un intime du couple Sarkozy, déjà nommé il y a quelques mois «au tour extérieur» au Conseil d'État. Que dire encore des écoutes illégales de journalistes du Monde dans le cadre de l'affaire Bettencourt, pudiquement qualifiées de «repérages» par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant ?

Et des menaces de mort proférée par le responsable de Salamandre, une officine de renseignement économique contre des journalistes de Mediapartdans le cadre de leur enquête sur les liens du marchand d'armes Ziad Takieddine et les cercles du pouvoir sarkozyste. Dans un discours programme en janvier 2007, le candidat Sarkozy avait annoncé une «République irréprochable incompatible avec le fait du Prince», abondamment pratiqué par prédécesseurs à l'Élysée.

«Une démocratie irréprochable où les nominations ne se décident pas en fonction des amitiés ou des connivences, mais des compétences». Après une série de nominations déjà contestables, les derniers événements démontrent que Nicolas Sarkozy perpétue non seulement la tradition du fait du Prince, mais aussi qu'il n'hésite pas à recourir à des moyens pour le moins douteux, voire illégaux, pour neutraliser ses ennemis.

Dans une France habituée depuis des lustres aux «affaires», il est possible que celles touchant de près ou de loin Nicolas Sarkozy ne pèsent guère sur la prochaine élection présidentielle. Quant à la «République irréprochable», elle attendra.

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Publié dans Politique

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