Primaires socialiste : Aubry et Royal, petites mains de DSK?
Laurent Pinsolle 11/12/2010
De même, Martine Aubry a affirmé qu’elle annoncerait sa décision de participer ou non aux primaires en juin 2011, soit au moment des déclarations de candidature, condamnant toute avancée du calendrier. En clair, elle se déclarera en fonction de ce que décidera Dominique Strauss-Kahn et ne le gênera pas en posant sa candidature avant lui. Et si les médias n’avaient pas bien compris que cette séquence politique favorise grandement l’oracle de Washington ?
Mais alors, quel pourrait être l’intérêt pour DSK que Ségolène Royal annonce sa candidature ? On peut y voir une manœuvre destinée à ne pas laisser grandir les autres candidatures (Hollande, Valls, Montebourg), le combat Royal-Aubry-DSK continuant à les éclipser dans les médias. Si Ségolène Royal n’avait pas annoncé sa candidature, les « petits candidats » auraient occupé l’espace médiatique seuls, menaçant alors de fragiliser les trois éléphants.
Il y aurait quelque chose de machiavélique, mais finalement très mitterrandien à ce que Ségolène Royal se soit prononcée de la sorte pour occuper le terrain avant de passer le relais à Dominique Strauss-Kahn en juin, moment où Martine Aubry confirmerait qu’elle n’est pas candidate et qu’elle soutient le futur ancien président du FMI. Il pourrait ainsi revenir des États-Unis comme le Messie, soutenue par ses deux principales rivales et s’imposer sans coup férir.
Ce scénario est possible, car les trois savent bien que c’est leur dernière chance d’accéder au pouvoir. S’ils perdent en 2012, une nouvelle génération prendra le pouvoir au PS et les chassera. Dès lors, ils ont un puissant intérêt à s’entendre pour éviter de répéter les primaires de 2006. Ensemble et unis derrière DSK, ils peuvent croire que la victoire est possible. Ainsi, Martine Aubry et Ségolène Royal pourraient préférer jouer placées plutôt que de tout risquer…
Bien sûr, ce scénario pourra paraître abracadabrantesque, mais à bien y regarder, les déclarations de la semaine dernière n’hypothèquent en aucun cas l’accord de Marrakech. Et si les trois favoris des primaires étaient de concert pour saisir leur dernière chance d’accéder au pouvoir ?