Primaires PS : Hollande, un gros mensonge, un atout-maître
En l’absence de DSK prévu pour ce rôle et « disparu » corps et biens à New-York, c’est l’outsider François Hollande qui a été, mardi soir, la « star » du documentaire de Canal + consacré aux primaires du PS.
Un Hollande très à l’aise, mais qui a proféré un très gros mensonge. Devant les caméras, pour mieux insister sur le fait qu’il s’estimait aujourd’hui prêt pour la « fonction suprême », il a affirmé que ce n’était pas le cas en 2007, et que c’était pour cela qu’il ne s’était pas à l’époque porte candidat à l’Elysée. Faux, complètement faux !
L’élu de la Corrèze se sentait dès cette époque parfaitement prêt, et rêvait d’affronter Nicolas Sarkozy. D’où la manœuvre à laquelle il s’était livré en coulisses. Objectif : tout faire pour barrer la route à Lionel Jospin qui, se mordant les doigts d’avoir dit qu’il abandonnait définitivement la politique, rêvait d’une revanche, et avait posé des jalons en ce sens. Pour cela, Hollande a vivement encouragé Ségolène Royal dans sa démarche. Le petit « hic », c’est que Hollande n’avait jamais imaginé que la « mayonnaise » prendrait à ce point. Alors qu’il comptait voir le moment venu la mère de ses enfants s’effacer à son profit (après qu’elle ait bloqué Jospin), il a soudain découvert qu’il n’avait plus prise sur elle, et qu’elle irait jusqu’au bout. Stupéfaction et, pour lui, immense déconvenue car ce qu’il tente en 2011, il voulait, quoiqu’il raconte aujourd’hui, le tenter dès 2007. Son ambition vient de loin.
Pour le reste, l’émission de Canal + a mis spectaculairement en lumière un atout-maître de Hollande dans sa rivalité actuelle avec Martine Aubry. Cette dernière, quand elle était ministre, n’était pas loin d’être la « chouchou » des médias. Et elle jouait cette carte à fond. Mais le pamphlet de Philippe Alexandre (« La dame des 35 heures ») –consacré, de façon parfois très cruelle, à sa démarche politique et à sa personnalité- a cassé le ressort. Elle a vécu cela de façon traumatique. Du coup, elle est devenue hyper-méfiante. Elle est sur le reculoir. Quand elle avance, c’est à pas comptés. Une posture qu’elle « paie » cette année d’autant plus cher que Hollande, souriant et disponible, joue la carte exactement inverse. Dans le documentaire de Canal +, une scène résume tout. Les deux candidats sont dans le même TGV (mais pas dans le même wagon) en direction de La Rochelle. Que fait Hollande ? Il rejoint les journalistes dans le wagon bar, et « blablate » avec eux. Que fait Aubry au même moment ? Elle planche sur ses dossiers, et n’en sort pas.
Il y a chez Hollande, dans le rapport aux médias, quelque chose du Sarkozy de 2007, et aussi du Mitterrand de 1981. Aubry, elle, ressemblerait plus au Jospin de 2002 qui avait déjà une relation compliquée et hyper-méfiante avec la presse. Cela dit, vieille affaire, ce ne sont pas les médias qui font l’élection : un certain Edouard Balladur en sait quelque chose.