Poutine, le tsar milliardaire

Publié le par DA Estérel 83

 

 

 

Corrompue jusqu'à l'os avec un président devenu richissime grâce des dizaines de milliards d'euros détournés à son profit via des sociétés écrans dans les paradis fiscaux, la démocratie « contrôlée » de Poutine n'est que le leurre d'une dictature policière. 

 

Tout juste nommé en août 1999 au poste de Premier ministre par Boris Elstine, qui allait en faire quelques mois plus tard son successeur, Vladimir Poutine fut convié à une réunion présidentielle au Kremlin pour le présenter aux milliardaires du complexe militaro-industriel.

Les caméras ont fixé la scène pour l'Histoire : face à Elstine et Poutine, les oligarques affichent des sourires en coin comme s'ils étaient certains de ne faire qu'une bouchée de ce falot ancien lieutenant-colonel du KGB, devenu depuis FSB.

Treize ans plus tard tous ont quitté l'avant-scène russe, jetés en prison, comme l'ancien patron de Ioukos, Khordorkovski, ou contraints à l'exil. Tous remplacés par des fidèles du nouvel homme fort du Kremlin.

Militante active pour un État de droit, la journaliste Anna Politskokaïa a été abattue en octobre 2006 devant son domicile moscovite. Un mois plus tard, l'ancien agent du FSB Litvinenko, qui prétendait détenir des preuves de l'implication du Kremlin dans l'assassinat de la journaliste, meurt à Londres d'un empoisonnement au polonium.

Dans le monde de Vladimir Vladimirovitch Poutine, on n'aime pas les gêneurs et on n'hésite jamais à employer la manière forte. Hier, Poutine a été élu pour la troisième fois et au premier tour à la présidence russe. Il remplace le fidèle Dimitri Medvedev qui, pour lui avoir gardé la place chaude le temps de pouvoir se représenter, lui succédera au poste de Premier ministre.

Comme lors des législatives de décembre dernier, le scrutin a été entaché de fraudes grossières, sans doute massives. Au pouvoir depuis 12 ans, le tsar Poutine peut rêver de doubler son bail en restant le maître absolu de la Russie jusqu'en 2024, battant ainsi tous les records de longévité des dirigeants de l'ère soviétique, Staline compris.

Corrompue jusqu'à l'os avec un président devenu richissime grâce des dizaines de milliards d'euros détournés à son profit via des sociétés écrans dans les paradis fiscaux, la démocratie « contrôlée » de Poutine n'est que le leurre d'une dictature policière.

Complaisamment avalisée par les grandes puissances comme un gage de stabilité, cette version capitalistique du totalitarisme est de plus en contestée en Russie. Poutine et sa «force» légendaire trouve encore son public dans les couches populaires et rurales, comme le symbole d'une Russie éternelle et forcément impériale.

Mais il est de plus en plus menacé par une soif de démocratie réelle - à l'origine des manifestations sans précédent intervenues après les législatives - doublée d'un rejet des classes moyennes riches, dont les revenus stagnent après avoir connu une forte croissance.

En triomphant hier encore, l'ancien agent obscur du KGB devenu milliardaire est encore loin d'avoir gagné son pari de devenir tsar à vie.

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