Pourquoi DSK est si désiré… mais pas par les Mariannautes!

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1  Gérald Andrieu - Marianne | Dimanche 5 Décembre 2010

 

 

La perspective de voir le directeur général du FMI devenir le candidat socialiste à la présidentielle excitent les médias. Mais pas pour un sou les Mariannautes. Ils ne voient derrière l’engouement sondagier qu’il suscite qu’une «construction médiatique» reposant sur son «silence» sur la scène nationale, un silence coupable.

 

Un Strauss-Kahn nommé Désir ? Sûrement pas pour les Mariannautes. Il aura suffi d’une tribune signée Philippe Guibert et intitulé « Pourquoi DSK est si désiré » pour voir fondre les lecteurs sur leurs claviers. Au bout de leurs doigts : près de 200 commentaires. Pas un seul favorable au directeur général du FMI ! Beaucoup, en revanche, reprochant à Marianne2 de servir, comme tant d’autres médias, la soupe à l’ex-ministre de l’Economie. Oubliant qu’une tribune ne reflète pas nécessairement l’opinion du titre de presse qui l’accueille. Oubliant, aussi et surtout, que Marianne2 s’est fait une spécialité d’ouvrir sahome page à des points de vue très divergents, histoire de ne pas mourir idiot et de susciter le débat. Tous les débats. Sans tabou ni « dogme » , comme dirait l’autre...  

 

Mais voilà, la pilule ne passe pas. Vraiment pas. Les Mariannautes ne veulent définitivement pas du favori des sondages pour la prochaine présidentielle. Ils sont d’ailleurs nombreux à avoir mené leur propre enquête d’opinion. C’est le cas de Miko Miko (« Autour de moi, personne n'aime cet hypocrite qui n'a d'ailleurs rien de gauche »), de Liberté 02 (« Je connais une vingtaine d'ouvriers. Pas un seul ne souhaite DSK. Désolé de contredire ce vibrant hommage ») ou d’Enstock Coq (« C'est bizarre, je suis entouré de centristes, de classes moyennes, d'ouvriers mais également de retraités et DSK est cordialement détesté »). Jacky Soulié, lui, s’est même pour ainsi dire « auto-sondé » et apparemment l’opération a été... douloureuse : « Je désire autant DSK que recevoir un coup de pied dans les c… » 

 

 Pour Onesime Tabarin, il y a tout simplement erreur sur ceux qui auraient succombé aux charmes de l’ancien ministre socialiste. Si « DSK est très très désiré », explique-t-il, ce n’est que« par les "marchés" » : « J'ai appelé les "marchés" au téléphone ce matin. [Ils] m'ont confirmé qu'ils avaient décidé de changer Sarkozy contre DSK en 2012 » ! Satanés marchés. Si difficiles à cerner. Pour Philippe Guibert, auteur de la tribune, si Strauss-Kahn plaît tant, ce serait d’ailleurs parce que « la globalisation ayant frappé au plus profond du pays, on attend à l’Elysée un leader qui en connaisse les rouages et sache stopper ce déclin économique et industriel, plutôt qu’un roi de la rhétorique sans effet. » La rhétorique, c’est précisément ce que semble maîtriser le Mariannaute baptisé Yannick gadget : « [DSK] en connait les rouages, certes, mais il est précisément du côté de ceux qui mettent de l'huile dans cette machine qui nous broie ! » 


LA CANDIDATURE STRAUSS-KAHN, UNE PROPHÉTIE AUTORÉALISATRICE ?

Pour la plupart des internautes, l’engouement supposé pour DSK n’est qu’une construction médiatique. C’est la thèse de Pépin Lecourt. Une thèse que partagent bon nombre de lecteurs de Marianne2 : « Combien d'individus sur terre ont-ils les moyens de vérifier que la Terre n'est pas plate, mais en gros une sphère ? Infime. Mais comme on nous a tous appris qu'elle était "ronde", nous en sommes convaincus. À force de bassiner, dans tous les médias sans exception, que les Français plébisciteraient DSK, les Français vont le plébisciter, principe de la prophétie autoréalisatrice dont on peut juger régulièrement les effets en économie ! » Metal King fait ainsi le parallèle entre la « DSK-mania » des journalistes avec la campagne médiatique menée à l’arme lourde en faveur du « oui » il y a cinq ans : « Ça me rappelle la propagande du “oui” au TCE en 2005 avec ses sondages à plus de 60% avant le moindre commencement de campagne politique. » Et pour son quasi-homonyme Meta Kelkun d’expliquer se méfier de « cette soi disante "dynamique d'opinion" » qu’il ne faut surtout « pas confondre avec “adhésion citoyenne” ou “dynamique démocratique” ou “attente populaire” ». Pour Kane Rosebud, il est même « fort possible que DSK » lui-même « porte sur sa popularité actuelle le même jugement lucide qu'il portait en 2006 sur Royal » : une « hallucination collective » . 

 

Pour Laura Conti, il est pourtant aisé d’expliquer cette « hallucination collective » : « Et si l'absence de DSK sur la scène politique et dans le pays créait le désir, tout simplement... »Même analyse ou presque du côté de Pazmany Jeune Garde 87 : « Sa position au FMI est très fortement liée à cette popularité sans que les sondés sachent vraiment ce qu'il y fait... Il n'a pas subi les coups lors du dernier congrès, même si ses sbires ont tiré les ficelles et imposé Martine Aubry pour réchauffer la place. Tout cela n'est que tactique politique et quand on rentrera dans le vif du sujet, on verra quelles sont ses idées de gauche. » Son silence, en définitive, le servirait. Mais pour Sarko Stop, il s’agit d’un silence coupable : « Depuis quatre ans, il n'a pas croisé les Français, ni leurs suffrages, se cachant derrière un devoir de réserve qui, soyons clair, aurait dû exploser quand il a constaté les mesures gouvernementales françaises face à la crise économique ? De deux choses l'une : soit il cautionne depuis deux ans la politique économique et sociale de Sarkozy, soit il n'a pas la fibre pour défendre les citoyens français, leur préférant son intérêt personnel. » Pour les Mariannautes, ça semble ne faire aucun doute : ce sont les deux, mon (directeur) général !  

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Publié dans PS

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