
Jacques GUYON 23/08/2010
Que Brice Hortefeux défende «sans complexe» la politique sécuritaire menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, qui s'en étonnera ? Outre qu'il est un vieil ami du Président, outre qu'il ne faut pas le pousser beaucoup pour qu'il campe sur des positions ultra-répressives, on comprend que ce n'est guère le moment pour le ministre de l'Intérieur de baisser la garde à la veille d'un remaniement dont il se murmure qu'il pourrait faire valser plus d'une tête... Pour autant, fallait-il que Brice Hortefeux ajoute à la rigidité de la posture l'outrance du propos comme il l'a fait dans une interview accordée au journal Le Monde dans son édition de ce week-end ? Si on en croit l'analyse du ministre, il y aurait d'un côté la «réalité française» et de l'autre le «petit milieu politico-médiatique parisien» aveuglé par le «sentiment dominant des soi-disant bien pensants qui, en se gargarisant de leur pensée, renoncent à agir». Bref, d'un côté la vraie France qui se reconnaît dans la volonté de Sarkozy. Et de l'autre, un petit noyau de pseudo-intellectuels, une coterie de bobos rejoints -dixit Hortefeux- par «certaines voix de la gauche milliardaire». La ficelle est tellement grosse qu'on hésite à noter l'incongruité qu'il y a à dénoncer le complot médiatique quand on sait les liens particuliers que le sarkozysme entretient avec le trio Bouygues-Lagardère-Dassault. Les médias et la «gauche milliardaire» (celle qu'on n'a pas vue au Fouquet's) seraient donc les seuls ennemis de cette politique. Ennemis de l'intérieur et donc du peuple de France... Le problème, c'est qu'outre la presse étrangère qui ne cesse de se déchaîner contre la France, c'est au tour de l'église catholique de fustiger la manière dont le gouvernement est en train de traiter les Roms. Hier, c'est Mgr Dufour, archevêque d'Aix-en-Provence qui a appelé à respecter «la dignité» des personnes et a dénoncé ces «discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures», les jugeant «inacceptables».Au même moment et après que le Vatican s'en soit ému à la fin de la semaine passée, c'est Benoît XVI lui-même qui , recevant un groupe de pèlerins français, les a appelés à une sorte de désobéissance civile en leur demandant d'accueillir «à la suite de Jésus les hommes de toute nation et de toute langue». Mais l'indignation la plus virulente d'un homme d'église a été hier celle du père Arthur. Ce prêtre lillois a en effet renvoyé sa médaille de l'Ordre du mérite pour protester contre le sort fait à ces Roms pour lesquels il se dévoue. Et, comme si ça ne suffisait pas, le curé -qui s'est excusé depuis- a même expliqué qu'il était tellement désarmé qu'il priait Dieu pour que Nicolas Sarkozy ait une crise cardiaque afin que cesse cette «guerre». Une prière bien peu catholique, certes. Mais qui s'inscrit dans une suite de dérapages plus ou moins contrôlés et témoigne mieux qu'un long discours du climat nauséeux dans lequel on se trouve aujourd'hui
* * *
Le moins qu'on puisse dire est que ce climat nauséeux à commencé à se faire jour avec le pseudo débat sur l'identité nationale ouvert comme par hasard avant les élections régionales et les « dérapages » de certains élus UMP*.
Si çà continue comme çà, les prochains bouc- émissaires à n'en pas douter seront les juifs et les franc-maçons , les homos etc ...
Ces types (à ne pas confondre avec la droite républicaine) sont prêt à tout pour conserver le pouvoir et leur chef à la tête de ce qui reste de l’état français.
Déjà que Sarkozy va laisser un pays exsangue en 2012, il ne faut surtout pas le(s) laisser poursuivre cette démolition 5 ans de plus.
Il faudra une large coalition pour les remettre là où ils seront à leur meilleure place, non pas pendus à un croc de boucher, mais dans le caniveau de la République, et encore, ils risqueraient de polluer, alors pourquoi pas la déchéance de la nationalité et l’exil ?
* Dérapages: un des synonymes de ce mot est "glissement", on assite effectivement à un glissement vers les thèses du FN