Parce que L'Oréal le vaut bien...

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010  Jacques Guyon 07/12/2010

 

 

Electre ou Dynasty ? Depuis trois ans qu'il occupait le devant de la scène médiatico-politico-judiciaire, le feuilleton de la haine recuite entre Liliane Bettencourt et sa fille Françoise était autant commenté dans les salons de coiffure que décortiqué chez les courtiers en bourse ou analysé dans les officines politiques.


Il faut dire qu'on n'a pas tous les jours une telle saga mêlant grands sentiments et petites manoeuvres, intérêts colossaux et subtiles intrigues, financement de campagne et relations inavouables, ténors du barreau et photographe gigolo, paradis fiscaux et ministre du budget !

Avant-hier, les oracles redoutaient qu'une telle affaire ne conduise au démantèlement de L'Oréal, ce fleuron de l'industrie du luxe français à moins que celle-ci ne fasse sauter la République. Et puis voilà qu'hier, d'un coup les avocats des deux parties sont venus brandir le générique de fin ! En forme de happy-end: la mère et la fille ont donc enterré la hache de guerre.


A quelques jours de Noël, qui pourrait rêver d'un plus beau cadeau ? Pas la mère et la fille qui se sont enfin revues. Et embrassées ! Pas le gendre, Jean-Pierre Meyers, qui au lieu d'être évincé du conseil d'administration du groupe comme c'était pourtant dans les tuyaux, se voit propulsé à la tête de celui-ci. Pas Liliane Bettencourt dont il serait du plus mauvais goût de rappeler que sa fille souhaitait la placer sous tutelle. Pas les petits-fils qui font leur entrée dans la holding.


C'est beau une famille réunie par ce que Me Metzner n'a pas hésité à appeler hier de «l'amour»... L'amour qui ne saurait pourtant faire oublier l'intérêt... des actionnaires et des salariés de L'Oréal. Intérêt souligné illico par le directeur général de la société saluant ce «dénouement heureux et très positif pour notre groupe».


Alors bien sûr, il y a des victimes collatérales, comme le dit avec élégance Me Metzner. Le photographe trop attentif devra l'être moins à l'égard de la veuve si généreuse. Mais il se consolera en pensant que la fille abandonne ses poursuites.


Le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt devra s'inscrire au Pôle emploi. Mais on peut penser qu'il aura de quoi tenir quelque temps avec sa prime de licenciement.

 

Eric Woerth dont la femme avait déjà dû quitter son emploi chez Liliane Bettencourt, a bien sûr payé de son poste ministériel quelques «imprudences». Mais il a désormais tout le temps de préparer sa défense dans l'affaire de l'hippodrome de Compiègne tout en méditant sur la mesquinerie de ceux qui lui reprochent d'avoir été en même temps un pourchasseur de grands fraudeurs en tant que ministre du Budget et un très actif quêteur de dons auprès des grandes fortunes en qualité de trésorier de l'UMP.

 

Un reproche dont il est de moins en moins évident que la justice se préoccupe désormais avec autant... d'intérêt.

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Publié dans Affaires

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