Obama, du haut au creux de la vague

Publié le par DA Estérel 83

CharenteLibreJacques GUYON 04/11/2010

 

Après l'enthousiasme quasi hystérique suscité par le «yes we can» de la présidentielle américaine, voilà qu'à l'occasion des élections de mi-mandat, on nous annonçait «apocalypse now» pour les démocrates.

Mais pas plus qu'il n'était raisonnable d'attendre d'Obama qu'il soit l'homme miraculeux capable de sauver son pays et même le reste du monde en marchant sur les eaux déchaînées de la crise monétaire mondiale, pas plus sans doute fallait-il désespérer de l'Amérique d'aujourd'hui en la voyant déjà sacrifier ses rêves pour mieux s'abîmer dans les vieux démons de l'ultra-conservatisme.

Ainsi donc ces élections, même si elles constituent un revers pour Obama - mais elles le sont régulièrement pour le président en poste qu'il s'appelle Reagan, Clinton, ou Bush, qu'il soit Républicain ou Démocrate... - ne prennent pas l'allure de la débâcle annoncée.

La vague républicaine a submergé la Chambre des représentants mais les Démocrates ont sauvé in extremis le Sénat. Symbole de cette défaite: le fief d'Obama dans l'Illinois a basculé du côté républicain.

Mais signe que la vague «rouge» n'a pas été aussi radicale que le prédisaient les sondages: les ultra-conservateurs du Tea Party n'ont pas fait la razzia attendue. C'est ainsi qu'au grand soulagement des Démocrates - mais aussi de bien des Républicains alarmés par leur populisme outrancier - leurs égéries, la «sorcière» Christine O'Donnell dans le Delaware ou Linda McMahon, patronne d'un empire de catch dans le Connecticut n'ont pas réussi à être élues. Obama devra certes composer avec les Républicains mais il n'est pas à genoux dès lors qu'il conserve le soutien du Sénat et qu'il bénéficie en dernier recours de son pouvoir de veto.

On saura vite si la cohabitation qui s'annonce va être une «guerre» sanglante comme le promet le tout nouveau speaker républicain de la Chambre des représentants ou si l'ampleur des enjeux notamment en matière d'emploi vont obliger les deux camps à composer. D'ores et déjà, on sait qu'Obama ne laissera pas détricoter sa réforme emblématique de la Santé, cette avancée considérable que les électeurs n'ont pourtant pas su saluer comme il se doit... Là où les choses seront sans doute plus compliquées pour lui, c'est sur le plan diplomatique et notamment en ce qui concerne la stratégie de sortie en Irak et le redéploiement en Afghanistan. La politique américaine au Proche-Orient risque, elle aussi, d'avoir à pâtir de cette cohabitation.

Enfin, côté Europe et France, cette nouvelle donne suscite également l'inquiétude de voir l'Amérique céder une nouvelle fois, sous la pression conservatrice, au double piège de l'isolationnisme en matière économique et de l'interventionnisme unilatéral au niveau international. Voici donc le moment pour Obama de se montrer à la hauteur des rêves qu'il a fait naître.

Publicité

Publié dans Etranger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
<br /> cela sera dur, mais....si on veut on peut... Pour changer des habitudes vieilles de plusieurs dizaines d'années ! je pense qu'il faut plus que 4 ans et encore avec tout le monde derrière soi !<br /> <br /> <br />
Répondre